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COMMUNIQUE DE PRESSE
Allegro Fortissimo réagit aux annonces de Ryanair
L'association Allegro Fortissimo se déclare consternée devant
l'annonce du projet de mesure de la compagnie aérienne Ryanair concernant le
transport des passagers obèses.
En effet, ce projet, basé uniquement sur un sondage
réalisé auprès de la clientèle de Ryanair et non sur des impératifs de
sécurité et de réglementation, propose purement et simplement de
discriminer et de stigmatiser une catégorie de clientèle qui représente pas
moins de 17% de la population française… Quelle entreprise commerciale
aujourd'hui peut se permettre de faire le sacrifice d'une telle quantité de
clients ?
Nous souhaitons souligner que la décision de faire payer 2
places en fonction de l’IMC est incohérente, car à IMC égal aucune
personne grosse n'a son poids réparti de la même manière que son voisin, et ce
qui pourrait entraîner des difficultés d'adaptation à un siège d'avion pour les
uns ne concerne pas les autres.
Comment la compagnie Ryanair compte-t-elle procéder ? Humilier
les personnes corpulentes en les pesant, ou en mesurant leur tour de taille ?
Nous rappelons qu'une compagnie aérienne française a récemment été condamnée
pour avoir pratiqué cette mesure.
Si Ryanair veut obliger les personnes obèses à payer deux sièges
– pratique qui a été interdite au Canada par la Cour Suprême en novembre
2008 – s'engage-t-elle au préalable à changer tous les sièges de façon à ce que
les accoudoirs se relèvent entièrement, y compris ceux qui sont en bord de
rangée, pour permettre à la personne corpulente concernée de s'installer
confortablement et de profiter de ces deux sièges ? Car vendre une deuxième
place inutilisable revient à pratiquer une escroquerie.
Nous rappelons – même si nous ne nous en vantons pas – que
l'obésité a été déclarée maladie chronique par l'OMS en 1997 et que les
personnes obèses souffrent déjà beaucoup, moralement voire physiquement, de leur
état qui est loin d'être un choix. Est-il vraiment nécessaire de leur enfoncer
la tête sous l'eau en leur interdisant de voyager ?
Nous comprenons bien qu'une personne obèse qui prend ses aises
peut gêner son voisin, mais dans la majorité des cas, c'est la personne obèse
qui en supporte les conséquences, car elle s'efforce, pendant tout le temps
du vol quelle qu'en soit la longueur, de se faire toute petite pour ne pas
déranger, supportant les accoudoirs comme les regards ou les réflexions
désagréables et intolérantes.
Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage, dit le proverbe.
Les campagnes de lutte contre l’obésité omniprésentes, ces sondages auprès de la
population « standard » qui sont persuadés que le gros est gros car il mange
trop, ces mesures discriminatoires en augmentation ont-elles pour but
d’enfermer, voire d’éradiquer les personnes de forte corpulence parce qu’elles
dérangent ?
Nous sommes conscients du fait que les compagnies aériennes sont
dans une logique financière mais cela ne justifie pas cette
discrimination, qui prend d'ailleurs la forme d'une double peine, puisque cette
augmentation du coût du voyage s'exerce à l'encontre d'une population déjà
discriminée à l'embauche, donc souvent au chômage et par conséquent disposant de
moyens financiers réduits.
Afin d'améliorer la prise en charge des passagers obèses,
nous proposons de travailler sur une identification en amont de ces passagers,
sans qu'ils aient la crainte de se voir obligés d'acheter une deuxième place ;
de chercher et trouver des solutions de confort pour tous, comme par exemple une
rangée de sièges élargis dans tous les avions; d'organiser le placement d'une
personne obèses près d'un enfant; d'afficher sur le site internet de la
compagnie le calendrier des périodes creuses et chargées pour permettre le choix
d'un vol qui ne soit pas complet, etc.
Ce principe de l'identification existe déjà pour d'autres
catégories de passagers, de façon qu'en termes de sécurité, ces personnes ne
soient pas installées n'importe où. Pourquoi ne pas appliquer cette mesure aux
personnes obèses ?
Beaucoup de personnes corpulentes ne prennent pas l'avion par
crainte de cette surtaxe, de l'inconfort et du mauvais accueil.
Lorsque les compagnies aériennes auront compris qu'en améliorant
la prise en charge de cette catégorie de clientèle, leur chiffre d'affaires
pourrait bien augmenter, peut-être commenceront-elles à réfléchir dans le bon
sens ?
Paris le 20 avril 2009
Viviane GACQUIERE,
Présidente
pour Allegro Fortissimo
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