les psychothérapies, comment s’y retrouver ?
5ème rencontre médicale

Samedi 5 juin, de14h30 à 17h30
47 rue de la roquette -  75011 Paris
3ème étage - Entrée gratuite

 

Très chers tous,

Avant le résumé détaillé de la rencontre d’hier voici, sur le vif, quelques impressions.

Tout d’abord merci d’avoir été là si nombreux, 110 environ à avoir bravé les difficultés de circulation dues aux manifs et à la visite de Georges Bush. Le sujet vous intéressait visiblement et nous avons été heureux de vous voir ou de vous revoir pour partager cette après-midi si dense comme tu l’as écrit Mylène. Certaines s’étaient même déplacées de Nantes, ou plutôt de Rézé pour écouter des intervenants de choix (merci à Amitiés Rondissimes). 

Un véritable partenariat existe entre Allegro et le GROS et hier encore nous avons pu en constater la réalité. En effet,le matin le GROS organisait un forum sur l’obésité des enfants suivi de leur assemblée générale qui s’est poursuivie tardivement. Directement, les docteurs Apfeldorfer et Waysfeld se sont rendus à notre invitation alors que Pierre Delarun et Jean Philippe Zermati les précédaient.

En plus des trois intervenants prévus initialement nous avons donc eu le plaisir de la présence du docteur Jean Philippe Zermati qui donnait la réplique animant les interactions nombreuses. 

Gérard Apfeldorfer a ouvert le débat en présentant les thérapies cognitivo comportementales. Pourquoi au pluriel ? Parce que c’est une technique adaptable en fonction des troubles du comportement et des pensées erronées de chacun. Pour nous il s’agit de nous débarrasser éventuellement de nos troubles du comportement alimentaire, quand il y en a car tous les gros n’en ont pas. Par contre les pensées de culpabilité et de dévalorisation sont assez partagées.

Nous avons redécouvert ce qu’est une alimentation normale non pas en quantité et en fonction des nutriments mais simplement dans la façon de manger quand on a faim en s’arrêtant quand on est rassasié, dans un cadre agréable et avec des mets que nous aimons. Difficile d’entendre ce discours quand tous les magazines, et surtout notre passé de gros nous interdisait certains aliments pour en valoriser d’autres.

Il est quand même paradoxal d’être obligé de réapprendre la spontanéité de nos besoins. Bien sûr il y a le stress, les émotions et tout ce qui nous fait consommer davantage mais il y a surtout la culpabilité d’être gros qui envahit notre libre arbitre et qui nous laisse si fragiles face aux modes médicales et à ses règles qui changent sans cesse.

Cette prise en charge est centrée sur le symptôme (les troubles du comportement alimentaire) et constitue une forme de rééducation et surtout une réappropriation de nos sensations, de nos sentiments et de nos pensées. 

Bernard Waysfeld a poursuivi distinguant d’emblée la différence de la prise en charge analytique. Il ne s’agit plus de s’appuyer sur le symptôme mais de découvrir ce qui se passe dans l’inconscient de chacun à travers la relation au thérapeute. Ensemble patient et thérapeute vont remonter le fil des blocages et faire revivre ce qui n’a pas pu s’élaborer, ce qui n’a pas pu se mettre en mots.

Le symptôme remplace souvent ces mots impossibles ou interdits. C’est donc un chemin long mais il en est de même chose avec les thérapies cognitivo comportementales.

Il est possible de mener ensemble ou simultanément ces deux types de thérapies relativement complémentaires.

En effet les comportements inappropriés peuvent disparaître tandis que le mal-être général persiste.

Un mieux-être général peut être ressenti à l’issue d’une thérapie analytique alors que les troubles du comportement alimentaire ne sont pas guéris. 

Nous voyons donc la complexité des chemins que nous devons emprunter pour aller mieux, en trouvant notre place d’individus libres non stigmatisés par une histoire particulière, un environnement et un rejet social. 

Nous nous plaçons évidemment dans le cas où une thérapie est souhaitée ce qui n’est pas une obligation mais un choix individuel.  

Après une courte pause pour « avaler » et « digérer » un peu toutes ces informations passionnantes mais parfois difficiles nous avons écouté : 

Monsieur Pierre Delarun psychomotricien, qui a travaillé dans le service de l’Hôtel Dieu qui nous a parlé de notre corps, de ses limites et de toutes ces perceptions qui nous sont devenues étrangères à cause du poids. Souvent nous nous réduisons à une tête ou à un corps.

Au cours d’un nombre déterminé de séances il apprend à retrouver ses limites, sa place dans l’espace, une existence corporelle si souvent niées.

Il propose de revenir à Allegro nous aider au cours d’une séance collective.

Il y aura bien sûr encore beaucoup à dire sur ces trois  interventions. 

Ce que nous retenons c’est le besoin de passer du devoir de maigrir à celui de trouver un bien-être quel que soit son poids. 

Il serait peut-être temps de valoriser et de développer nos possibilités respectives au lieu de chercher toujours à être quelqu’un d’autre, vous ne trouvez pas ?

En tout cas c’est ce que je retiens de ces nouvelles façons d’envisager la grosseur si proches de ce que nous défendons à Allegro. 

La médicalisation de la grosseur nous a entraînés dans des folies d’amaigrissements utopiques. Apprenons à vivre le mieux possible des différences qui existent et qu’il serait vain de vouloir ignorer. 

L’équipe Allegro santé.

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