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Les orientations d'Allegro
L’Assemblée générale arrive à grands pas. C’est le moment des bilans, des projets et des discussions. Afin de permettre à tous de connaître les forces et les idées en présence voici un état des lieux des interlocuteurs, de leurs orientations et de nos prises de position. En effet, depuis un certain temps déjà nous sommes présents sur de nombreux terrains que nous évoquons régulièrement mais il peut être intéressant de faire le point pour que chacun s’y retrouve. La complexité s’accentue depuis la prise en compte politique de la question de l’obésité. Monsieur Jean Marie Le Guen, député socialiste en est le chef de file. Il précise d’emblée l’importance de ne pas dissocier la lutte contre l’obésité de la prise en compte de la discrimination à l’encontre des gros dans différents aspects de leur vie (emploi, assurances, etc…). Mais les idées pour lutter contre la discrimination restent imprécises. Nous pensons en outre que certaines campagnes actuelles accentuent la marginalisation des gros. En ce qui concerne la prévention de l’obésité des mesures sont proposées, que nous jugeons insuffisantes et potentiellement génératrices de stigmatisation. Nous souhaitons donc être entendus dans toutes les décisions pour lesquelles nous pouvons témoigner et apporter ainsi notre expertise de personnes concernées. Les organismes en présence Il faut distinguer :
Deux orientations majeures se distinguent :
LE PANORAMA MEDICAL Des programmes existent actuellement dont vous entendez parler régulièrement. Le PNNS (Programme National Nutrition Santé) Ce programme élaboré collectivement a pour but d’enrayer la croissance de l’obésité, de la diminuer de 20% au cours du programme et surtout de prévenir son apparition. Un premier programme a été établi sur la période 2001-2005. Il vient d’être reconduit. Globalement c’est la campagne pour manger 5 fruits et légumes par jour et faire une demie heure d’activité physique par jour. Actuellement l’accent est mis sur la consommation des glucides (pommes de terre, pain, etc. Ce programme est plus complexe évidemment mais il ne s’agit que de faire le point pour s’y retrouver. Une des mises en pratique du PNNS réside dans le programme EPODE (Ensemble prévenons l’obésité des enfants) lancé en janvier 2004. Il s’agit d’un programme mis en place dans 10 villes de 10 régions différentes par un comité d’experts. Il est centré sur l’alimentation et l’activité physique dans un partenariat de la ville de l’école autour de ces questions. Le point de discussion Ces programmes sous entendent :
Or ces mesures ont montré leur insuffisance chez nous et dans d’autres pays. Nous pensons donc qu’il y a lieu de faire une analyse plus complexe de la question en évaluant les résultats des traitements déjà en place avec des conclusions officielles. (les régimes, la chirurgie de l’obésité) Nous émettons des restrictions concernant un programme qui risque d’isoler encore davantage l’enfant ou l’adulte plus gros que la moyenne et le stigmatiser en risquant de favoriser un développement des problèmes de comportement alimentaire. Nous pensons en effet que les problèmes de comportement alimentaire sont plus graves et plus générateurs de dysfonctionnements que la nature des aliments ingérés. Ces programmes peuvent prétendre améliorer la santé des enfants mais ils sont insuffisants pour prévenir l’obésité sachant qu’ils existent ailleurs sans succès chiffrable puisque l’obésité se développe partout de façon importante. Nous pensons, en préambule qu’il est important de considérer qu’il existe des individus plus gros que la moyenne, qui peuvent manifester des résistances à l’amaigrissement et grossir au fil des régimes, aggravant leur état de santé et le pronostic de leur obésité. Il y aurait lieu de les distinguer à l’aide d’un protocole à définir afin de ne pas aggraver une situation qui pourrait rester plus modérée. Nous partageons cette analyse avec le GROS (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) avec qui nous avons des rapports privilégiés depuis leur création. En effet ils nous ont d’emblée accueillis et entendus, et proposent une réflexion de ce type. C’est d’ailleurs ce rapport de partenariat que nous aimerions obtenir face à toutes les structures prenant des décisions qui nous concernent.
LA POLITIQUE DE SANTE La politique de santé va dans le sens d’un encadrement des risques par des lois, souvent à l’état de projets mais nous sentons que l’orientation est davantage celle d’une règlementation que celle d’une responsabilisation. Nous restons donc vigilants sur les encadrements proposés qui risquent d’isoler encore les gros en les mettant à part, ce que nous ne souhaitons pas. Nous craignons d’être considérés comme de mauvais citoyens alors que pour un grand nombre d’entre nous nous avons fait de multiples tentatives pour améliorer notre IMC, en faisant confiance à des prises en change changeantes dont on connaît à présent les limites et les dangers à long terme. En ce qui concerne l’étude des risques, il serait souhaitable d’avoir des informations sur les risques des traitements proposés et non seulement sur les risques liés à l’obésité. La politique de santé s’intéresse à la prévention
L’INPES ( INSTITUT NATIONAL DE PREVENTION ET D’EDUCATION POUR LA SANTE) C’est l’organisme de santé public qui permet de discuter, d’élaborer et de diffuser des plans de prévention comme le PNNS. Cette information touche de nombreuses questions de santé comme le tabac, le diabète etc et concerne toutes les campagnes de santé officielles
ACTION CONTRE LA DISCRIMINATION Il nous semble difficile d’envisager la question strictement à travers des propositions de lois alors qu’il existe actuellement tout un système de discréditation des gros, sur justification médicale. Nous ne nous considérons pas comme une catégorie de la population à éradiquer ou à mettre à part mais comme des citoyens à part entière avec les mêmes droits que tous. Certains secteurs restent sensibles comme les soins, l’emploi, les transports, les assurances. Des améliorations sont en cours pour les soins hospitaliers spécifiques mais il reste beaucoup à faire dans les autres domaines. Des structures encouragent l’étude des discriminations :
LA HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) Elle est compétente sur toutes les discriminations, directes et indirectes, prohibées par les lois de la République. Elle est compétente pour toute différence de traitement illégale fondée notamment sur l'origine, le sexe, la situation de famille, l'apparence physique, le patronyme, l'état de santé, le handicap, les caractéristiques génétiques, les mœurs, l'orientation sexuelle, l'âge, les opinions politiques, les activités syndicales, l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, directe ou indirecte.
L’OBSERVATOIRE DES DISCRIMINATIONS L’observatoire des discriminations, créé en décembre 2003, répond à la volonté de développer des recherches et études dans un domaine où le besoin de connaissance est important. La mesure des phénomènes d’inégalité des chances dans l’emploi et de leur évolution constitue un enjeu économique, social et politique. L’observatoire a pour objectif de mener des études concernant toutes les formes de discriminations : Homme/femmes, ethniques, d’âge, religieuse, géographique, d’apparence, selon les orientations sexuelles, l’état de santé et le handicap, etc. Nous sommes en relation avec Monsieur. Jean-François AMADIEU Professeur en Sciences de gestion (Université de Paris I) et Directeur de cet Observatoire Le travail s’articule autour de plusieurs axes :
L’observatoire mène des travaux qui utilisent une grande diversité de techniques d’enquêtes et adopte une perspective pluridisciplinaire (gestion, sociologie, droit, économie) ce qui peut permettre d’enrichir la connaissance des questions de discrimination et compléter les efforts menés par les pouvoirs publics ou les associations dans différents domaines (parité, homophobie, racisme, etc.). Parler de discrimination en matière d’obésité c’est espérer obtenir un vrai travail de repérage afin d’être entendus. Il ne s’agit pas de nous sentir victimes mais de défendre nos droits, tout simplement.
L’INDUSTRIE AGRO-ALIMENTAIRE L’ANIA, l’ASSOCIATION NATIONALE DES INDUSTRIES ALIMENTAIRES Son action repose essentiellement sur la connaissance et la défense des intérêts transversaux des industries alimentaires. Un encadrement est mis en place actuellement pour limiter les incitations à manger des produits gras et sucrés aux heures de grande écoute, principalement en direction des enfants. Un projet existe également pour une meilleure connaissance de la composition des produits alimentaires avec indications plus lisibles
Le point de discussion Nous sommes pour une diminution des sollicitations à manger mais contre une façon prohibitive de consommer par interdictions et réglementation trop stricte. En effet, nous pensons que les interdictions favorisent la transgression et l’attrait pour les aliments interdits. En ce qui concerne l’affichage de la composition des aliments de façon plus lisible, nous restons vigilants sur la façon de communiquer ces informations. En effet, nous sommes opposés à toute publicité montrant qu’en mangeant tel ou tel produit on peut devenir gros, quitte à ridiculiser même gentiment nos » rondeurs ». Il y a une différence entre lutter contre l’obésité et faire la chasse aux gros. Nous sommes donc intervenus pour différentes campagnes publicitaires (Leclerc, Carrefour etc. et nous restons vigilants sachant que les publicitaires ne manqueront pas d’utiliser la campagne contre l’obésité dans leur communication. L’ANIA préconise une communication positive. Pour nous, cette communication ne doit en aucun cas nous stigmatiser davantage. Nous n’avons pas besoin de cela. Allegro le 02/11/05 |