Le Livre Noir (Page 1)

Bonjour à toutes et tous!
Je m'appelle Shannel j'ai 45 ans et j'habite en Suisse, j'ai 30 kg de trop, les régimes comme beaucoup d'entre vous sont mon lot quotidien depuis bientôt 35 ans!
Mon coup de gueule s'adresse aux médecins. En effet, depuis 1 an des affiches "anti-gros", ornes nos murs, exemple: un vélo avec un selle énorme et des pneus à plats; une luge extra-large; etc. Je n'ai jamais vraiment ressentie de discrimination, plutôt bien dans mes baskets, et dans ma tête, je n'ai pas vraiment fait attention aux regards des autres. Or, depuis cette campagne, je n'ose même plus aller voire un médecin, j'y vais à reculons, des remarques blessantes mon définitivement convaincue que ma place n'était pas dans leurs cabinets. Exemple: je vais au urgence car j'avais très mal à la gorge, et je ressort avec une ordonnance pour un médicament qui "aide de manière significative à la perte du poids", pour les personnes n'ayant pas de volonté!, ou alors je dois subir une écographie à l'épaule, suite à une chute lors d'une promenade, la radiologue n'arrive pas à faire le cliché et me dit: "Vous savez madame, même la médecine a ses limites!", ou alors après une mammographie, le médecin me dit" Je ne vois pas l'intérêt de faire une mammographie tout les 3 ans! vos seins ne sont que de la graisse...".
Alors vous comprendrez que j'en n'ai "MARRE", finalement c'est grâce à eux que je me retrouve aujourd'hui dans cette situation, car j'ai fais confiance, régimes après régimes, et aujourd'hui alors qu'on nous annonce avec angoisse que nous "devrons faire face à une épidémie (le mot et fort) mondiale d'obésité", j'attends d'eux une aide, concrète et sans préjugés!
Après tout il y a vingt ans, les médecins n'hésitaient pas à se remplir les poches en prescrivant des médicaments très couteux, et des régimes fabuleux! Alors maintenant messieurs les médecins, aidez nous à plutôt a retrouver un équilibre alimentaire au lieu de juger!
Shannel
je suis réunionnaise, j'ai 28 ans et ici à la Réunion il n'y a pas d'association pour les gros. J'ai lu quelques témoignages du livre noir et je me suis reconnue dans beaucoup: moi aussi j'ai souffert et je souffre encore de la méchanceté des autres. Inutile d'en faire la liste, vous savez de quoi je parle et ce qui me chagrine le plus c'est le rejet de ma mère parce que je suis grosse. J'aimerai apporter mon témoignage pour donner un autre exemple de discrimination que j'ai subi dernièrement et qui m'a fait beaucoup souffrir: je suis étudiante à l'université et je me suis inscrite dans un cours en littérature que j'appréciais bien au début, à part les moqueries sur les personnes obèses de la part du professeur, ce cours était intéressant. Mais voilà qu'il nous demande de faire un dossier sur un sujet littéraire. Je lui ai proposé le mien, il était d'accord. Mais une de ses étudiantes en master (qui voyez-vous est belle, mince, bref l'allure de miss) a pris le même sujet que moi. Elle avait pris tout ces renseignements du début jusqu'à la fin sur internet pour faire son dossier. Et le professeur a refusé mon dossier prétextant que j'avais trop pris d'internet (or ce n'était pas le cas!) et me disant qu'il préférait un devoir mauvais mais personnel qu'un devoir excellent mais emprunté et il m'a demandé à deux jours de la fin des examens de changer carrément de sujet! et bien sûr sa "belle demoiselle" comme il l'appelait, n'a pas changer de sujet et a été très bien noté! Et voilà un nouvel exemple sur la liste de discrimination envers les gros.
Jannin
Je me permet de témoigner sur les problèmes des personnes de forte corpulence en milieu hospitalier. Une dame âgée de 80 ans pesant 100 kg et qui souhaitait aller en " soins de suite " ( Les Soins de Suite et de Réadaptation, autrement appelés SSR, interviennent dans la rééducation d’un patient, à la suite d’un séjour hospitalier pour une affection aiguë médicale ou chirurgicale ) c'est vu répondre qu'on en trouvera pas de place pour elle car elle est trop lourde et aucune structure n'est équipée pour ce style de patient ! Dans le futur ou il y aura malheureusement de plus en plus de personnes âgées et obèses que va t'on faire d'elles ?
Fatslimboy
Bonjour a toutes et tous,
Je viens de parcourir le livre noir (et le livre blanc, pas de jaloux) et je me sens si concernée que c’est comme une évidence, tout ce mal-être, cette souffrance, c’est moi.
J’ai toujours été ronde, des la primaire j’était la plus grosse, et en prime la plus grande et la plus jeune (j’avais 1 an d’avance, que j’ai garder jusqu’à la fac). J’ai franchis la barre des 100 kg
en terminale et je me souvient très bien de cette période. J’était pensionnaire et les repas pris à la cantine étaient un vrai supplice. Il y avait toujours un abruti pour lancer une
réflexion, le plus souvent sur le fait que je pouvait me permettre de sauter un repas, ou sous-entendant que j’avais déjà du faire la queue lors des 2 services précédent…
J’ai donc « sécher » la cantoche le midi pendant très longtemps, au désespoir de mes copines qui se rendaient bien compte de ce que je faisait.
Car j’ai toujours eu des copines, belles et minces bien sur.
En y repensant je me demande si c’était parce que je suis très sympa et drôle (comme tout les gros, c’est bien connu) ou si c’est parce que je suis un excellent faire-valoir.
Genre on a forcement l’air encore plus belle et encore plus mince lorsqu’on s’affiche à mes cotés.
Des copines, des copains….. jamais de « petit » devant le dernier qualificatif, bien sur.
J’ai donc bâtit peu à peu mon armure, m’enveloppant de kilos comme d’une muraille pour me protéger des autres, tout les autres. Clamant haut et fort qu’il vaut mieux être seule que
mal accompagnée. Et rendant coup pour coup. Je me souvient d’une après-midi à la plage ou un groupe de mec avait lancer en me voyant passer « je ne savais pas que la chasse à la baleine était ouverte ! ».
Ce à quoi j’ai répondu : « vous avez du bol, la chasse aux cons c’est demain, vous avez encore le temps de vous entrainer à la course pour sauver vos sales petits culs ! » en parlant tout aussi fort qu’eux.
J’ai maintenant presque 38 ans, je mesure 1,80 M et je pèse 125 Kg. J’ai un très bon travail, des amis. Pas d’amoureux, je n’en ait jamais eu. Et je me sens irrémédiablement seule.
Je fait de l’hypertension ,du cholestérol, du diabète. Mes genoux me font misères et on vient de me refuser un prêt immobilier pour acheter mon appart car aucune assurance
ne veut me couvrir. Si ca, ce n’est pas de la discrimination !
Je suis en train de passer les examens pour me faire poser un anneau gastrique, et la seule amie que je pensait à même de comprendre ma démarche ma sèchement déclarer
« tu as le courage de te faire charcuter, mais pas de contrôler ce que tu bouffe, c’est pathétique »
Comme quoi on peut être déçues par ses « amies » à toute âge.
Et d’autres, que je considère comme de simples relations, qui réagissent positivement. (c’est courageux, mais si c’est ce que tu veux, vas-y, on t’aidera de notre mieux. Et ca viens de mon patron !!)
Voila, tout ca pour dire qu’il y a du bon et du mauvais dans mon témoignage, mais qu’il n’y a pas de livre gris.
Sylvie
Bonsoir,
j ai toujours été la grosse de la famille, j ai subi trop de harcèlement de la part de ma mère concernant mon poids ,mon look, ma façon de m'habiller. Aujourd'hui je suis en taille 50, et pas toujours facile de s'habiller.
Dans mon métier, je suis infirmière, je fulmine d'entendre certaines collègues parler de patients en surpoids.
Ma fille ainée est aussi en surpoids et lorsque nous faisons du shoping ensemble, nous sommes très souvent sujettes à des réflexions méprisantes tant des vendeuses que des autres clientes.
je rentre alors chez moi mi enragée mi honteuse de mon état corporel. j'ai 44 ans.
Et pourtant je trouve que les gens maigres ne sont pas plus beaux que les autres.
Nadine
J'ai toujours été mise de coté a cause de mon obésité (travaux de groupes, constitution d'équipe en sport...) maintenant a cause des autres je seul seul car j'ai peur de m'affiché et de faire face au moquerie celle qu'il m'ont fait le plus mal ce sont celles des enfants qui sont avec leurs parents qui les entend dire ces mots horribles mais qui ne leurs disent rien ou rigole avec eux un simple rappel a l'ordre changerait beaucoup de choses mais dans cette société ou le physique prime que pouvons nous faire ? bref a cause de toutes ces moqueries je souffre psychologiquement (dépression délires paranoïaques...)
une cure d'amincissement ma aider a m'assumer mais mentalement je crois que les souffrance seront irréversible.
bonjour,
avant j'étais mince, j'étais en sport étude équitation, puis je suis partie à la fac... je suis rentrée à la fac de médecine de la Pitié Salpêtrière, et là, fini le sport, vive le stress et les études, puis un jour, me rendant compte que je pétais un câble à force de voir des gens souffrir, j'annonce à mes parents que je veux faire autre chose: grave erreur! voyez vous, mon frère censé être le géni de nous 2 fait un BEP électrotechnique, il n'y a plus que moi pour "sauver l'honneur familiale". Comme la rentrée d'après je choisit de faire de la géologie histoire d'être sûr de bien avoir changé de filière, mes parents décident de m'en faire baver! à ce moment là, j'avais pris un peu plus de 12kg, j'étais potelée, mais bon, je le vivais pas mal jusqu'au moment où ma mère a commencé à me faire remarquer que je suis un gros tas et qu'elle laisse mon frère m'appeler "pachyderme" pour un oui ou un non, alors que eux... ils étaient pas à plaindre point de vu bourrelets!!! Je me mets la tête dans le guidon pour faire mes études, en prenant progressivement du poids à force de manger n'importe comment: le midi c'est sandwich et le soir c'est ce qui traîne, et oui, on a pas tous la chance d'avoir une maman qui fait la cuisine! à chaque période d'examen, je tente de noyer mon stress dans le chocolat, n'ayant personne pour me faire décompresser à la maison, là, je suis prête à exploser: je suis étudiante, je bosse dans une boulangerie et quand je rentre le soir c'est démerde toi ! Ah si j'étais restée en médecine, là j'aurai eu de l'aide, et oui ça se comprend c'est tellement plus dur que 40h de cours à la fac et 22h de vente dans un terminal de cuisson... Un jour, alors que je suis stagiaire dans un grand labo en environnement, un jeune homme commence la drague intensive, j'ai bien eu des petits copains, un belle histoire sérieuse de 2 ans, mais lui, il a l'air de tenir à moi comme à une pierre précieuse, et il m'aime moi et mes bourrelets, je fais alors 88kg pour 1m70, et il me dit des mots qui me fon perdre la tête... Bref, lui, il tiens à moi et il ne veut pas que je change, en tout cas, il me dit reste comme tu es... mais voila, il est noir et papa maman sont déjà hyper déçus de ne plus avoir de médecin dans la famille, si en plus il faut supporter un africain! lui, il me dit vivons ensemble et merde au reste ! Je pars de chez mes parents, et là, je me retrouve isoler de tout, il tente de me couper de mes amis, me monte le bourrichon pour ne plus que je parle à qui que ce soit de ma famille, sauf ma grand mère bien sûr, vu qu'elle nous donne de l'argent, il me demande en mariage et comme une conne je dis oui ! Et oui, lui, il m'aime et je n'ai quasiment plus que lui et 4 amis ! Je l'épouse, puis découvre que mes parents sont au fond du gouffre de savoir que j'ai fait ça, puis viens la désillusion la plus totale: il a un enfant et une femme au pays, une maitresse... et là, il commence à me dire que si il va voire ailleurs, c'est que mon gros tas de graisse qui me sert de corps le repousse, je tombe dans un dépression immense, au lieu d'arrêter de manger pour ressembler à ses putains qu'il se tape avant de rentrer le soir à la maison, je mange, je grossit à vu d'œil, il trouve quand même le moyen de me faire tomber enceinte, une bonne nouvelle pour lui, son passeport définitif pour la France, mais ça ne l'empêche pas à continuer d'être aussi infâme avec moi: insulte, humiliation de toute sorte, tromperie et violence, j'en ai pris autant dans les oreilles que sur "la gueule". Le pire reste à venir, je me raccroche à ce bébé qui vit en moi, c'est la seule chose qui me garde en vie, par ce que j'ai bien calculé que si ma tête tape l'algeco au pied de l'immeuble, je serais morte sur le coup, mais je porte la vie et je veux ce bébé ! Et il y a le regard des gens, les seules fois où on sort ensemble, c'est "vu comment elle est grosse, c'est sûr que seul un noir peut vouloir d'elle!" Dans ma tête rien ne va, mes amis, les seuls qui restent le voit bien, mon meilleur ami, Alan, m'a dit: "quitte le, je reconnaitrais l'enfant pour que ce fumier retourne dans son pays", c'est l'un des rares à oser venir à l'appartement et à m'écouter, à faire en sorte que je me casse. Un matin, je me lève avec une douleur immense au ventre, je dis à mon mari que je souffre et que c'est pas normal, que je coirs que je vais perdre le bébé, je lui demande de m'emmener à l'hôpital, je le supplie... et lui, il se barre avec ma voiture au labo et il me laisse comme ça... j'appel les pompiers, ils m'emmènent aux urgences et là, la vie qui était en moi me quitte. Ils auront passé l'après midi à lui téléphoner pour lui dire que sa femme faisait une fausse couche et qu'il fallait qu'il vienne, j'ai pleuré comme jamais, ils ont commencé à croire que je mentais, que je n'étais pas mariée, ils ont voulu me garder, j'ai refusé alors que je devais rester quelques jours sous surveillance, je signe un formulaire pour sortir contre avis médical, je monte dans un taxi et je rentre chez moi, le chauffeur m'aide à monter les 3 étages et j'attends que mon mari rentre en pleurant, quand il est rentré, minuit bien passé, il ne me regarde même pas, se sert un verre, allume sa PlayStation et joue une bonne partie du restant de la nuit sans même un regard pour moi qui pleurait à côté de lui le lendemain vers 11h, il se lève et me dit qu'il a mal dormi à cause de moi et que si j'ai perdu le bébé c'est une punition divine, par ce que moi, je suis une mauvaise femme! il a bon dos le seigneur tout puissant ! Il s'habille et part, Alan viens me voire quelques minutes plus tard, il n'a pas dormit de la nuit, il m'emmène aux urgences car il voit bien que je ne suis plus qu'une ombre vidée de tout, les jours qui ont suivit son les pires moments de ma vie, chaque seconde, il m'insulte, me dit que je suis qu'un amas de graisse et qu'il devait être bourré depuis qu'il me connait pour être resté près de moi, que rien que de me voir il a la gerbe, il ne se prive pas pour me montrer son amour avec ses poings... Alan et Chrystelle n'en peuvent plus de me voir comme ça, de m'emmener aux urgences pour savoir si il m'a rien cassé, quand j'ai parlé des violence à un ami africain en commun, il m'a même dit que j'avais pas à me plaindre car il m'avait rien cassé, bref, ils me secouent et me disent qu'il faut que je parte, car ils ont qu'une trouille c'est de me retrouver morte chez moi, je passe une partie de se qui se passe après car je peux toujours pas en parler tellement j'ai mal. J'appelle ma cousine qui est flic, je craque, je lui raconte tout, elle me répond "je viens demain avec des collègues, on prend toutes tes affaires et tu viens chez moi", la nuit la plus longue de ma vie, après m'avoir insulter en rentrant, il mange et s'étale devant sa console, je n'ai pas dormi, il se lève tot, un miracle, à peine partie, j'appelle ma cousine, elle me dit qu'elle débarque, j'appelle de suite Alan et Chrystelle, tellement heureux que j'ai trouvé la force de faire ça, qu'ils plantent leur cours pour venir aider, bref je récupère tout, enfin presque et là j'entame le divorce. Je fais une dépression, je suis suivi, les antidépresseurs m'aident à aller mieux sur certains points, mais ils me font aussi manger plus, c'est un des "effets indésirables" m'a dit le médecins, je suis obèse, moi qui faisait du 38 au lycée, je lutte pour mettre du 46 en jupe et en hait je vous raconte pas, j'ai une poitrine qui a explosé en plein vol, les gens me voient comme une vache laitière, il y a des filles qui disent m'envier (on les croit bien sûr! et qui voudrait bien un "don") ceux qui m'ont connu il y a 5 ans me demande ce qui s'est passé, à chaque fois les mêmes questions, à chaque fois les pourquoi t'en est arrivé là tu es méconnaissable? franchement, je m'en fou de redevenir comme avant, mais je veux plus être aussi grosse, et je ne veux plus que les hommes me regardent comme si j'étais la reproduction de la vénus de Pech Merle et que les femmes me citent comme l'exemple pour trouver une motivation pour aller faire une heure de cardio-trainning il faut bien qu'un jour que les gens comprennent que derrière la "graisse" se cache de la souffrance, qu'on en est pas arrivé là comme ça, que ce n'est pas par ce que l'on a un corps libidineux qu'on la voulu, que si eux, il avait bien voulu être moins égoïste et qu'il avait au moins une fois tendu la main pour nous aider, on aurait pas noyé notre souffrance dans de la bouffe. Maintenant la plus dur pour moi est de me reconstruire, de reprendre mes études d'ingénieur et de perdre du poids, je sais pas si je vais tout mener de face en même temps, mais je veux y arriver
Sophie
Je me permets d'envoyer un témoignage qui concerne ma mère. Et moi, et ma sœur,
Ma mère est grosse, elle en a souffert toute sa vie, elle en souffre encore,
De ce fait, elle ne "veut voir pratiquement personne" car elle dit avoir été assez "emmerdée" dans sa vie professionnelle, quand elle devait subir les remarques de ses collègues, pour ne pas avoir à subir les regards et les remarques de personnes faisant partie de clubs par exemple. Elle s'est donc coupée de ce type de possibilités de rencontres.
Dans sa vie de femme, elle a dû subir aussi les remarques de mon père, de quelques personnes qui la traitaient de "grosse vache" ou autres remarques aussi gentilles.
Elle nous a "transmis" à nous ses deux filles la hantise d'être grosses , d'ailleurs j'ai 59 ans, je suis maintenant "forte" et j'ai passé ma vie à ne pas me trouver "mince". Ma sœur idem.
Ne pas oser dire son poids par exemple, dès lors qu'on dépasse les 60 kg. Et pourtant je mesure 1m68!! Avoir des remarques qu'on prend "quelquefois à la rigolade" : ta grosse poitrine, tes hanches larges.... Mais qui font mal.
Des "combien tu pèses", des "quand on veut (maigrir) on peut"... Des "dieu sait qu'elle n'aime pas les grosses "
Et ma fille qui a fait de l'anorexie puis de la boulimie ...
Tout cela n'est pas anodin. Et c'est à prendre en considération autant que n'importe quelle autre forme de discrimination.
Mme PHELUT
Je n'aurais que ces mots : Y'EN A MARRE ! Marre d'être prise pour une imbécile parce que je suis grosse (parce que c'est connu, les gros sont bêtes, vu que la graisse empêche le cerveau de fonctionner), marre d'être considérée comme un mollusque sans volonté, incapable de marcher 4 mètres sans tomber dans les vapes (parce que c'est connu, un gros c'est forcément quelqu'un qui n'a aucun caractère, sinon, il réussirait ses régimes... quant au sport, faut pas exagérer, un gros qui court ! nan mais !), marre d'être la bonne copine (parce que c'est connu, les gros sont gentils et sont toujours les bons copains de tout le monde, vu qu'ils n'ont pas de caractère), marre d'être considérée comme laide parce que j'ai des bourrelets (parce que c'est bien connu, pour être beau, il faut pouvoir compter le nombre de côtes que vous avez sur le côté).
Y'en a marre de me prendre des commentaires dans la gueule, les "tu serais tellement mignonne sans tes kilos" de ma mère par exemple, sur mon poids, mes formes, mes bourrelets. Marre d'entendre des commentaires sur la plage parce que, oui, avec mon mètre 60 et mes 80 kg j'ai osé me mettre en deux pièces. Est-ce que je me moque des filles et de leurs épaules qui pointent, ou du QI d'huitre de leur copine chez les mecs ! Non ! Marre de me faire refouler à un entretien d'embauche parce que "vous comprenez, pour ce poste, on aurait plutôt vu quelqu'un de jolie" (précision : je suis journaliste TV et c'était pour la présentation d'une émission). Marre de rentrer dans une boutique et de subir les regards méprisants de la vendeuse (j'ai même eu droit à un splendide "vous ne trouverez rien à votre taille ici, mademoiselle"). Marre de me prendre dans la gueule "avec toi, je peux parler, y'a aucune ambigüité sexuelle" (ah oui , j'oubliais : les gros, c'est bien connu, n'ont aucune libido).
Messieurs et Mesdames les minces, je suis un être humain, comme vous, j'ai un coeur, une sensibilité, des sentiments, je ne suis pas un tombereau de graisse à peine capable de penser. J'ai de la fantaisie, des idées bien à moi, une personnalité qui est ce qu'elle est, mais qui n'est pas dictée par des clichés stupides sur ce qui est beau ou pas (juste comme ça :
Actuellement, la mode est à la mincissime ; il y a 3 siècle, moi et mes 80 kg, on aurait été considérés comme hyper sexy). Je suis quelqu'un de 1000 fois plus intéressant qu'une Kate Moss ou qu'une Paris Hilton, et je me plais même à croire que je suis plus jolie qu'un mannequin squelettique et anorexique. C'est tout.
Pour finir, il n'y a qu'un cliché stupide que vous pourrez conserver : les gros sont tolérants. Ca oui, parce qu'ils s'en prennent tellement dans la gueule qu'ils ont intérêt !
Caroline
Bonjour à toutes et à tous,
 
Je viens de lire quelques témoignages qui m'ont particulièrement touchés car si parlant pour moi...
 
Je viens de démissionner d'une entreprise car je ne pouvais plus supporter l'ambiance de "minces" qui m'entourait. Mon poids est un tel problème que c'est déjà la seconde fois que je quitte une entreprise pour cette raison. J'ai d'ailleurs peur que toute m'a vie je sois dans l'obligation de fuir pour me protéger !?
 
Voici donc quelques remarques que m'ont adressé mes si "charmantes collègues" comptables :
 
- C'est difficile d'être constamment harcelée dans la rue. Être belle c'est pas facile, mais toi (moi !) tu ne peux pas comprendre.
- Tu as de la chance quand même que ton mari t'aime comme ça
- Avant de devenir comme ça tu aurais pu faire quelques efforts. C'est fou de se laisser-aller à ce point !
- On va manger à l'extérieur, à la pizzeria Mais peut-être qu'il vaut mieux que tu évites.
- On a tellement manger ce midi, que ce soir je ne mange pas. Tu as pensé à ne pas manger le soir ? Un repas par jour c'est suffisant
- Moi j'sais pas mais tu pourrais peut-être essayer de te remettre au régime avec l'aide d'une diététicienne. C'est sûr que ça nécessite de la volonté, et de l'endurance.
- Tu devrais peut-être faire un peu de sport. Moi j'ai toujours fait du sport. Faut pas se laisser-aller dans la vie !
- Thierry mange avec toi tous les midi, mais ça ne risque pas de jaser ! Sa femme est belle et mince.
- Je m'habille chez Armand Thierry, je peux, moi, car je suis normale.
 
Et celles de mon DAF sont en adéquation:
 
- Je ne pensais pas que vous pourriez marcher toute une après-midi
- Vous comprenez moi j'aime les belles femmes. Mais en tant que collaboratrice, je trouve que notre relation est plus saine et sans ambigüité
- Vous devriez faire du sport. Vous savez ma femme en fait tous les jours, et c'est une belle femme.
- (Lui faisant remarquer que j'avais une fois de plus rattrapé l'erreur de l'une de ses charmantes collaboratrices) Que voulez vous ? Elle est jolie et moi les femmes jolies je leur pardonne tout.
- Ce qui est bien avec vous, c'est que l'on peut blaguer de tout... Vous n'êtes pas vraiment une femme. Je vous considère plus comme un homme, un bon copain.
- J'ai embauché Laetitia car elle m'a toute suite taper dans l'œil, et je pense qu'il pourrait y avoir "ouverture". Vous c'est votre intelligence qui m'a fait craquer. Et puis il fallait bien un cerveau!!
 
Voici un recueil de petites phrases assassines qui ne sont que quelques extraits d'une longue-longue-longue suite de reproches et d'injures.
Bon courage
Coralie
J'ai toujours été un peu depuis ma plus tendre enfance mais je n'avais que quelques kilos de trop.  IL y a dix ans, j'ai pris 30 kgs sans changer d'alimentation mais à cause de problèmes nerveux.  J'essaie de m'accepter tel que je suis.
Néanmoins, mon petit garçon de 9 ans a essayé de se tuer hier en s'étranglant.  Il m'a dit par après qu'il était moche et gros. Ce n'est pas la 1ère fois qu'il me dit çà.  On essaye mon mari et moi de le rassurer car il est très mignon et n'est pas très gros (3 à 4 kgs de trop) et puis, il va   grandir.
Cela me fait très mal en tant que maman.
Ce Matin, mes collèges de travail ont fait des réflexions sur les gros et ont émis des préjugés (comme quoi les adolescents qui sont gros maintenant, c'est parce qu'ils ne mangent que des chips)
Cela m'a énervé.  Je suis toute tremblante. J'ai peur pour mon petit garçon.
Pourriez-vous également me dire s'il existe une association plus proche de chez moi ?  Je suis belge. J'habite entre Charleroi et Namur.
Merci de m'aider
Lysiane
Bonsoir,
Je mesure 150 cm et je pèse 104 KG. J'ai débuté les régimes vers 6 ans (suivie par un professeur à Paris). Je suis passée par tous les stades, un peu enrobée, puis un peu plus jusqu'à devenir obèse. Puis après 2 ans de régime stricte je suis redescendue à 48 kg (taille 36). 2 grossesses m'ont apporté quelques 20 KG. Le décès de ma meilleure amie (suicide par saut d'une montagne : 7 jours à retrouver Le corps) puis Le réconfort de sa mère m'ont amenés 10 KG. Puis Mon père EST tombé malade : IL EST venu mourir à la maison (sur 4 filles j'ai du assumer seule son accompagnement (IL EST mort dans mes bras), l'enterrement et Le déménagement de son appartement /
Enfin une troisième grossesse a complété Le tableau. Lors de Mon accouchement, la péridurale a été un véritable calvaire (7 ponctions, plus d'anesthésie). IL a fallu
décidé d'une césarienne en urgence mais l'anesthésie EST montée : problème pour respirer, panique de l'anesthésiste et enfin la phrase qui tue : la prochaine fois, perdez quelques kilos avant : en résumé mesdames NE tombez pas enceintes tant que vous avez Des problèmes de poids !!!
Un autre problème que j AI rencontré : ma fille à l'âge de neuf ans et demi EST "tombe" dans l'anorexie suite à un problème avec un pédophile. Toutefois lorsque je l'amenait aux urgences lors de ses chutes de poids importantes je devais me justifier : je suis obèse mais je me soigne (TU parles !!!)
IL y a Des jours un peu plus durs que d'autres mais les témoignages que je vois ici me réconfortent un peu : on peu être grosses et exister !!!
Mathilde

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