Rencontre
démédicalisée autour
du comportement alimentaire :
sensibilisation au goût
25/03/06
Bonjour
à tous et merci d'être venus, d'avoir partagé ou de vous être intéressés à
cette rencontre même quand vous n'avez pas pu venir.
Encore un peu sous le coup des émotions, de la fatigue et des sensations
diverses, je vais essayer de faire le compte rendu promis.
Mais il ne sera jamais à la hauteur de l'expérience assez intraduisible qui
nous invitait "à être à l'intérieur de nous mêmes" comme nous l'a proposé
Ulla Menneteau, l'une de nos charmantes intervenantes.
L'enjeu était important car il s'agissait de mobiliser chacun dans ses
possibilités, indépendamment du chemin choisi pour son poids, en montrant
l'intérêt de retrouver ses sensations alimentaires.
Beaucoup de préparation pour commencer l'après midi mais à l'heure dite,
tout était en place.
Attablés tous ensemble nous avons découvert les saveurs élémentaires, salé,
sucré, acide, amer si différentes pour chacun. A concentration égale elles
peuvent être ressenties de façon forte ou faible agréable ou désagréable.
Pour l'amer la différence va de 1 à 500.
Nous avons été sensibilisés aux différents organes des sens sollicités pour
voir, sentir, écouter, toucher et goûter ce qui nous était présenté.
Des élément simples aux goûts plus complexes la surprise a souvent été au
rendez vous, nous montrant combien nous sommes en général peu attentifs à ce
que nous mettons dans la bouche de façon habituelle.
Puis, rendez vous au pays des odeurs avec leurs caractéristiques mais aussi
aux souvenirs agréables (ou désagréables) qui leur sont liés.
Vous imaginez bien qu'il a surtout été question d'odeurs pouvant nous mettre
de bonne humeur, à solliciter éventuellement en cas de besoin.
La bonne humeur était au rendez vous. Nous étions à la fois attentifs et
intéressés par ces partages de connaissance sur un mode ludique.
Puis Anne Marie Dallix, notre seconde intervenante, nous a proposé un
exercice avec du chocolat, afin de nous sensibiliser à nos sensations face à
cet aliment qui nous pose si souvent des problèmes.
Nous avions devant nous 3 carrés de chocolat choisis en fonction de nos
goûts, noir ou au lait mais tous identiques.
Nous devions noter notre faim sur une échelle de 1 à 9 avant la dégustation,
puis après.
En parallèle, l'échelle d'envie de 1 à 9 a également été remplie avant,
pendant et après la dégustation.
Le premier morceau a été consommé de façon habituelle. Le second l'a été
après une relaxation proposée à tous, puis en laissant fondre le carré
lentement dans sa bouche, en imprégnant l'ensemble de la cavité buccale et
en sentant ce qui se passait.
C'était très intéressant de voir à quel point les deux situations ont pu
être différentes et comment l'envie de manger diminuait après la seconde
dégustation qui nous a permis de ressentir une grande palette de sensations.
L'expérience a été riche pour chacun et je suis sûre que nous pourrons
solliciter quelques bribes de ces expériences pour les rechercher à d'autres
occasions.
Rien de réglé avec l'attraction du chocolat et certaines de nos
consommations compulsives mais l'invitation à poursuivre ce type de travail,
peut-être...
Quelle surprise de n'avoir pas eu envie d'absorber le 3ème carré parfois.
Cela l'a été pour moi et je n'ai pas hésité à le mettre à la poubelle,
exercice également proposé .
J'ai découvert alors la force de ce geste alors que je n'y étais pas si
sensible quand je lisais cette technique de façon théorique.
Après une pause Ulla est revenue avec un menu comportant des plats
sophistiqués, d'autres plus rustiques.
Il nous a été demandé de choisir avec une musique de fond classique.
De façon générale nous avons plutôt choisi les mets sophistiqués.
Avec une musique "guinguette", les moules frites ont souvent la préférence.
Nous sommes donc si influençables...
Bon, à ma prochaine invitation, je me pencherai un peu sur une éventuelle
musique d'ambiance en fonction de ce que j'aurai à proposer...
Puis des sensations, nous avons voyagé au pays de nos EMOTIONS qui ont elles
aussi été riches et variées (quand nous prenons la peine de les observer).
Comment nous sentions nous? détendus, inquiets, tristes...? Mais non
Plutôt l'humeur en joie, le sourire au bord des lèvres et une envie de
partage bien agréable.
Alors de quoi avions nous envie après la dégustation de chocolat?
Nous le saurons après une dégustation faite les yeux bandés pour chacun.
Privés de la vue, les sensations sont plus fortes. On sent davantage les
arômes. On se concentre davantage sur leur conssitance, sur les sensations
en bouche et sur tout ce qui peut se passer quand on nous dit de manger plus
lentement.
Mais souvent c'est un exercice difficile car on ne sait pas trop quoi faire
avec ces aliments que l'on garde plus longtemps dans la bouche...
Là, les exercices proposés prenaient du sens et de l'intérêt.
On nous demandait de déterminer le plaisir ressenti, de l'évaluer, de le
comparer.
Puis les yeux débandés, un plateau nous était présenté avec toutes sortes de
produits salés et sucrés et nosu devions choisir et déguster.
Quelle surprise de nous voir délaisser de façon majoritaire les produits
sucrés, le chocolat pour choisir du saucisson, du fromage ou des petites
tomates.
Il ne s'agissait plus alors de choisir l'aliment le moins calorique , le
moins gras ou le moins sucré mais de nous en remettre à nos sensations.
Nous avons vraiment expérimenté lors de tous ces exercices, des réponses
inhabituelles, plus nuancées.
Tout cela était très dense mais l'intérêt était vraiment au rendez vous.
Les intervenantes nous donnaient de leur savoir, de leur disponibilité et de
leur envie de partage.
Nous avons, je crois, répondu par notre intérêt sincère et notre
participation sans faille.
Une après midi que l'on aimerait offrir à chacun tant elle a été
passionnante pour ceux qui ont eu la chance de recevoir tout cela.
Alors quel intérêt ces exercices et que va -il en rester?
Pour moi c'est l'envie de poursuivre et de regarder autrement une approche
qui m'intéressait mais envers laquelle je gardais un certain scepticisme.
Il ne s'agit pas d'une méthode miraculeuse mais d'une ouverture vers soi et
vers ses capacités de changement.
J'imagine à présent très bien qu'elle peut s'inscrire dans un parcours
d'accompagnement du poids, de la façon de se nourrir et de considérer
l'alimentation.
Ce que j'ai trouvé passionnant c'est de réaliser la satisfaction de tous et
pourtant le public était varié: des minces sans problèmes de poids, des gros
en restriction importante avec de grands amaigrissements, des personnes avec
anneaux, des gens qui ont abandonné les régimes d'autres qui les reprennent
cycliquement.
Rien de miraculeux, juste une autre façon d'envisager la façon de
s'alimenter...
Mais je compte sur vous pour exprimer chacun ce que vous avez envie de
témoigner.
Un grand merci, vraiment à Ulla et Anne Marie, à vous tous et à tous ceux
qui essaient de nous faire sortir de l'engrenage de la peur, de la
culpabilité et de toutes ces difficultés qui nous rassemblent.
L'équipe Santé d'Allegro Fortissimo