Questions Fréquemment posées

Nous répondons souvent à des questions similaires.
Nous essaierons, dans cette rubrique de les identifier en élaborant des réponses générales.
Par exemple la question la plus fréquemment posée concerne la gastroplastie et les techniques chirurgicales en réponse à l’obésité dite morbide .

Nous vous proposons de lire la position d’Allegro Fortissimo sur le sujet.
La Gastroplastie:
Réponse d’Allegro Fortissimo
Chirurgie de l'obésité morbide de l'adulte  La Gastroplastie
Forum du Gros du 01/06/02
Recommandations pour le diagnostic, la prévention et le traitement de l'obésité en France

LA GASTROPLASTIE
Réponse d’Allegro Fortissimo

Un sujet à la mode, faire ou ne pas faire une gastroplastie ?

Voilà l’interrogation du moment, formulée ou suggérée mobilisant les espoirs enfouis ou déclarés de rentrer « enfin » dans la norme en accédant au bonheur mais au bonheur de quoi ?
De bouger plus facilement, c’est une évidence, de vivre plus vieux, en meilleure santé, de s’habiller sans problèmes dans des boutiques non spécialisées, d’éviter les regards en coin pas toujours bienveillants mais aussi de rencontrer « l’âme sœur », de trouver un travail sans avoir peur d’être écarté à cause de son physique « hors convenances ».
Pour nous, femmes, plus touchées par cette discrimination, maigrir c’est, paraît-il, tout simplement être reconnues dans notre féminité et dans notre séduction par le plus grand nombre.
Comment ne pas être sensible à ces messages univoques qui diabolisent les gros et déifient les minces ?

Alors à nous les régimes, les allégés, les crèmes amincissantes, la culpabilité et …les kilos en plus, de plus en plus importants. Les médecins se mobilisent. L’industrie pharmaceutique se frotte les mains et nous grossissons…

Pourtant il y en a eu des efforts déployés pour nous faire maigrir. Mais peu importe les bonnes volontés, nous résistons.
Il doit bien y avoir « la solution » qui éradiquerait enfin toute cette graisse dérangeante et tellement visible.
Il y a des pathologies plus discrètes…

Mais ces gros qui donnent à voir, qui prennent de la place sont une insulte à la toute-puissance médicale qui ne parvient pas à nous faire maigrir durablement.
Que faire pour les cas graves, les obésités morbides, comme ils disent ?

Quand rien ne « marche », il faut employer les grands moyens. Une solution chirurgicale est proposée : La gastroplastie, c’est à dire la réduction de la contenance de l’estomac afin d’empêcher l’individu de trop manger grâce à un dispositif mécanique.

Or cette intervention est proposée ou acceptée dans des cas très spécifiques, suivant un protocole établi, dans un cadre rigoureux de surveillance pré-intervention. A Allegro nous pensons que ces précautions doivent être impérativement respectées. Nous les rappelons :

  • le surpoids doit être important, BMI supérieur à 40 (BMI = rapport de la masse grasse et de la masse maigre)

  • le patient ne maigrit pas après une restriction calorique de 6 mois

  • il existe un problème de santé lié au surpoids

  • le patient ne doit pas avoir de problème de comportement alimentaire (ou celui-ci doit être réglé)

  • le patient a un suivi psychologique de 6 mois en préalable afin d’évaluer ses motivations et la valeur de cette indication

  • la prise en charge et la décision concernant l’intervention éventuelle est collégiale et se prend par une équipe pluridisciplinaire.

  • La gastroplastie est donc une réponse chirurgicale (dont les indications sont limitées) à un problème de surpoids important et pathogène.

Nous pensons donc, à Allegro Fortissimo, qu’il n’est pas de notre compétence d’organiser des débats « pour ou contre » la gastroplastie.
Certains adhérents ont ce dispositif, d’autres le souhaitent, d’autres encore le refusent.

Beaucoup de passion autour de cette intervention pour laquelle nous n’avons pas encore suffisamment de recul.
Comment empêcher, lors d’une réunion de ce type, l’affrontement entre prosélytes pour qui réussite signifie strictement nombre de kilos perdus et euphorie transitoire et adversaires qui se placent au niveau de la qualité de la vie, du chemin individuel et de l’acceptation de son histoire gravée dans son corps.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de ne pas souhaiter maigrir, mais d’avoir une réflexion plus globale sur ses aspirations et ses possibilités dans le corps que l’on a.
C’est plutôt une démarche de ré-appropriation de soi-même au-delà des modes et des techniques qui s’adressent à la grosseur et non au gros.

Certains spécialistes conscients de nos difficultés et de l’aspect aléatoire des amaigrissements se sont réunis au sein du G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) . Ils élargissent leur réflexion sur ces questions.
Nous souhaitons aller dans le sens de leur questionnement qui nous semble proche de nos intérêts et d’une lucidité que nous partageons à Allegro Fortissimo.
L’individu en « surpoids » est replacé dans son histoire, dans l’histoire de sa famille, dans sa biologie particulière et dans ses aspirations.

Pour une fois, nous ne sommes plus des gros, catégorie plutôt disparate et hétérogène, mais des sujets au « profil » particulier qu’il s’agit d’accompagner plutôt que de faire maigrir à tout prix, selon des normes idéales.
Cet accompagnement peut aboutir à la stabilisation d’une courbe pondérale fluctuante, à un amaigrissement limité et « supportable » pour le patient ou à un amaigrissement plus important, par une gastroplastie par exemple.
Mais cette décision ne peut provenir que d’un échange, dans un rapport sans domination entre l’équipe médicale et l’intéressé.

A Allegro nous pensons qu’il est souhaitable d’aider chacun à ne pas succomber aux pressions environnantes, souvent très déstabilisantes (utopie, diront certains) en créant un espace neutre quant aux différentes techniques d’amaigrissement mais actif en ce qui concerne la revalorisation de son image.

Nous pouvons informer (voir notre plaquette d’information sur la gastroplastie) mais ne pas polémiquer directement.
En un mot notre projet se situerait en complément de l’équipe médicale et non à sa place.

Plus l’individu prend sa place et plus il peut être un interlocuteur qui participe à son projet de changement au lieu de le subir.
Plus il est conscient et déterminé et plus le chemin choisi a des chances de le satisfaire.

Nous souhaitons plutôt réfléchir sur la façon d’exister positivement dans l’image médiatique (et même tout simplement d’exister, nous qui représentons 8% de la population française).

Nous refusons d’être les nouveaux boucs émissaires. Notre lutte concerne la ségrégation et le rejet dont nous sommes les objets sachant que chacun est acteur de ce projet.

Allegro n’est pas une structure qui apporte des solutions « clefs en main » mais un regroupement de personnes qui se posent des questions et qui souhaitent les extérioriser .

Nous pourrions, si vous le désirez, et si vous y contribuez, constituer un contre-pouvoir à cette lutte fanatique pour la minceur et la « normalisation » des gros.

Il existe, par ailleurs, des groupes de discussion sur la gastroplastie et chacun, dans notre association, reste libre de ses échanges avec les autres.
Il faut distinguer la dynamique inter-personnelle et le projet d’Allegro Fortissimo qui concerne STRICTEMENT la SIZE ACCEPTANCE (acceptation de son poids).

CHIRURGIE DE L'OBÉSITÉ MORBIDE DE L'ADULTE
Rapport de l'A.N.A.E.S. (Agence Nationale d'Accréditation et d'Évaluation en Santé)
Mai 2000

                         Les conclusions ci-jointes sont issues d'un argumentaire publié par l'A.N.A.E.S.

 (Asclépios) Remarque : j'ai ajouté en bleu et en italique mes commentaires. Les caractères gras et le sous-lignage dans le texte du rapport ont été rajoutés par mes soins, afin de mettre en relief ce qui a une importance capitale selon moi (notamment du fait de l'écart entre ce qui est proposé et ce que nous observons dans la réalité quotidienne).

Les conclusions sont exprimées parfois, selon mon avis, de façon un peu trop nuancée.

Le groupe de travail comportait pour l'essentiel : des chirurgiens digestifs, des endocrinologues et des nutritionnistes (mais pas de psychiatre : dommage…)

(…) En France, la prévalence de l'obésité (définie par un I.M.C. supérieur ou égal à 30 kg/m2) (…) est actuellement estimée chez l'adulte à 6 à 10 % pour les hommes et à 7 à 11 % pour les femmes. La prévalence de l'obésité morbide (définie par un I.M.C. supérieur ou égal à 40 kg/m2) est moins bien connue ; en France elle est estimée chez l'adulte à 0.2 à 0.3 %, ce qui représente 100 à 150 000 personnes.

(…) Le traitement de l'obésité consiste dans la majorité des cas en une prise en charge médicale multidisciplinaire ; la chirurgie de l'obésité n'est envisagée qu'en cas d'échec de ce premier traitement, et pour certains patients. Des recommandations françaises soulignent les indications, contre-indications, conditions de mise en œuvre et suivi de la chirurgie de l'obésité. Celles-ci précisent notamment que la chirurgie doit être réservée aux patients souffrant d'obésité stable ou s'aggravant depuis au moins 5 ans, malgré une prise en charge médicale multidisciplinaire. De plus, elle doit être proposée uniquement aux patients présentant une obésité morbide, ou majeure (I.M.C. > 35) si celle-ci est associée à des facteurs de co-morbidité."

 Commentaires : selon les témoignages que l'on recueille quotidiennement auprès des gastroplastiés et des candidats à la gastroplastie, ce suivi médical pluridisciplinaire d'au moins 5 ans, posé comme préalable obligatoire avant de recourir avant l'intervention, semble être en règle complètement "oublié."

"On assiste en France, depuis quelques années, à un développement important du nombre d'interventions de l'obésité dû principalement à la pratique d'une nouvelle technique chirurgicale, la pose d'anneaux de gastroplastie ajustables. En France, le nombre d'interventions  chirurgicales classiques de l'obésité, de l'ordre d'un millier par an, est en faible progression. Par contraste, plus de 7000 anneaux de gastroplastie ajustables ont été posés en 2000 alors que cette technique n'a été introduite qu'en 1994.

(…) L'évaluation a porté sur les trois principales interventions pratiquées en France, qui sont : la pose d'anneaux de gastroplastie ajustables, la gastroplastie verticale calibrée et les courts-circuits gastriques.

 

SYNTHESE 

Deux grands types d'interventions chirurgicales sont réalisées en France pour tenter de réduire l'excès de poids :

  • Les interventions entraînant une restriction de la capacité gastrique. Elles comprennent les gastroplasties (essentiellement la gastroplastie verticale calibrée) et les anneaux de gastroplastie ajustables. Elles consistent en la formation d'une poche gastrique de volume très réduit (15 à 20 ml), obligeant le patient à limiter la prise alimentaire solide.
  • La gastroplastie verticale calibrée regroupe sous ce terme plusieurs techniques de réduction du volume de l'estomac, soit par agrafage, soit par une transsection.
  • L'anneau de gastroplastie réduit le volume de l'estomac grâce à un bandage circulaire de sa partie haute à l'aide d'un anneau.
  • Les interventions mixtes (court-circuit gastrique) associent à la réduction de capacité gastrique une dérivation à l'intestin grêle proximal, ce qui permet d'obtenir également un certain degré de malabsorption.

Commentaires : Les court-circuits gastriques sont connus depuis de nombreuses années, et ils ont été utilisés au départ dans la chirurgie des ulcères gastroduodénaux et des cancers de cette localisation. Ce sont des interventions très mutilantes, qui nécessitent ensuite de fractionner à vie son alimentation car l'estomac ne tolère que des tout petits repas (il n'y a pas de possibilité de vomir), avec comme conséquence très fréquente le dumping syndrome qui consiste à un  malaise avec sueurs, pâleur, diarrhée et obligeant la personne à s'allonger, déclenché par l'arrivée trop rapide d'aliments dans l'intestin.

Le syndrome de malabsorption entraîne un risque de dénutrition avec maigreur et carence d'absorption en vitamines liposolubles (A, D, E, K)

Méthodologie 

La revue de la littérature a permis de constater que le critère de jugement d'efficacité le plus fréquemment évalué est la perte de poids, au contraire des critères de qualité de vie et d'impact sur les co-morbidités, très rarement abordés. La majorité des publications porte sur des résultats à court terme, exprimant diversement la perte de poids et contenant une information  incomplète notamment sur la méthodologie et l'expression des résultats statistiques. De même, le suivi des patients est souvent incomplet. La quasi-absence d'études comparatives randomisées engage à la plus grande prudence quant à des conclusions à type de supériorité d'une technique sur une l'autre.

Remarquer le terme de "co-morbidité" qui exprime bien la notion de pathologie ASSOCIEE à l'obésité et à la surcharge pondérale, et non plus supposée comme en étant obligatoirement la conséquence directe…
Paradoxe : alors qu'il est affirmé plus bas qu'une réduction pondérale notable, mais même faible, améliore les co-morbidités, celles-ci n'ont tout bonnement pas été étudiées… !
 Il est important de s'arrêter sur ces termes :
"information incomplète notamment sur la méthodologie et l'expression des résultats statistiques" :
Cela veut dire : soit la méthodologie est tellement peu scientifique et rigoureuse qu'on ne peut rien conclure des résultats (soit ils sont vrais quand-même - par pur hasard - soit ils sont faux…) et que pour cette raison elle n'a pas été fournie par les auteurs (qui savent ou se sont rendus compte qu'elle était déficiente), soit c'est une étude carrément "bidonnée". Dans un cas comme dans l'autre il existe une forte suspicion quant à la validité des résultats !

 

Efficacité

  • Efficacité à court terme sur la perte de poids
    Un an après l'intervention, il est retrouvé pour les trois techniques des pertes moyennes de poids importantes, de l'ordre de –20 à –50 kg. Les études portant sur la technique des anneaux de gastroplastie retrouvent une perte moyenne de 45 % de l'excès de poids, et de 61 % et de 68 % respectivement pour la gastroplastie verticale calibrée et le court-circuit gastrique.
  •  Efficacité à long terme sur la perte de poids
    Le maintien de la perte de poids à long terme est globalement mal documenté, particulièrement dans le cas des anneaux de gastroplastie. Pour la gastroplastie verticale calibrée, la perte de poids tend à se maintenir en partie, sachant que, selon les patients, le poids reste stable ou réaugmente partiellement. Des résultats similaires sont observés avec le court-circuit gastrique avec une plus grande proportion d'études où la perte de poids se maintient dans le temps.

Commentaire  : et pour cause c'est une intervention beaucoup plus mutilante, irréversible, et aux effets secondaires parfois invalidants… Peu étonnant que ce soit efficace sur le maintien du poids : comme pour les médicaments, plus on est efficace plus on a de risques d'augmenter la fréquence des effets secondaires.

  • Qualité de vie
    La qualité de vie, peu abordée dans les études, semble améliorée chez les patients opérés, notamment en termes d'impact psychosocial, malgré les inconvénients de l'intervention.

Commentaire : à apprécier le terme "semble"… On ne peut en effet rien en dire en l'absence d'évaluation… il n'existe probablement rien d'autre que l'opinion résultant de l'expérience des chirurgiens, personnelle, forcément subjective et partiale de toutes façons.

  • Conséquences sur les co-morbidités
    Il est médicalement reconnu qu'une perte de poids significative chez un patient obèse entraîne une amélioration de ses co-morbidités. Cependant, cet aspect de l'efficacité n'est quasiment pas étudié par les études chirurgicales.
  • Comparaison des différentes techniques
    Les rares comparaisons directes retrouvées dans l'analyse de la littérature concernent essentiellement le court-circuit gastrique et la gastroplastie verticale calibrée. Ces études, de qualité moyenne, indiquent que la perte de poids est plus importante après court-circuit gastrique qu'après gastroplastie verticale calibrée.

"Qualité moyenne" : même remarque que plus haut sur la méthodologie et ce qu'on peut attendre des résultats.

 

Complications

Dans la revue de littérature, les études portant sur les complications présentent de nombreux défauts méthodologiques (suivi de la population incomplet et à court terme, recueil non systématique des complications). De ce fait, l'incidence des complications reportées est probablement sous-évaluée.

Causes : désintérêt et désinvolture totale ! On peut émettre l'hypothèse que dans l'esprit des chirurgiens et des équipes (quand il y en a une véritable) être en surpoids est tellement grave qu'il semble tout à fait secondaire d'évaluer les complications, pesant peu dans la balance par rapport au bénéfice qu'il est supposé obtenir par la réduction pondérale.

(…)

 

AU TOTAL

L'obésité est un problème de santé publique majeur croissant, nécessitant une prévention et un traitement le plus souvent multidisciplinaire.

Les indications, les conditions de mise en œuvre et le suivi de la chirurgie de l'obésité sont clairement définis par les recommandations existantes.

Du fait de l'augmentation de la prévalence de l'obésité et de l'application de nouvelles techniques (abord coelioscopique, poses d'anneaux de gastroplastie), on assiste à une progression importante du nombre d'interventions chirurgicales.

Lorsque l'indication est correctement posée, la gastroplastie verticale calibrée et le court-circuit gastrique présentent un rapport-bénéfice acceptable. Il en est de même pour les anneaux de gastroplastie pour ce qui concerne leur évaluation à court terme.

Il faut souligner que :

  • La technique des anneaux de gastroplastie est plus simple, avec les avantages périopératoires qui s'y rapportent ; elle présente l'intérêt de respecter d'avantage la physiologie et d'être réversible. Cependant, cette technique semble, en termes de perte de poids, d'efficacité légèrement inférieure à la gastroplastie verticale semble, en termes de perte de poids, d'efficacité légèrement inférieure à la gastroplastie verticale calibrée et au court-circuit gastrique. Par ailleurs, son bénéfice à long terme, par manque de recul, n'est actuellement pas évalué.
  • Les trois techniques présentent les complications communes à toute  intervention chirurgicale, ainsi que les complications qui leur sont propres. Celles-ci sont rarement graves, mais conduisent néanmoins souvent à des réinterventions.

Le groupe de travail, du fait de l'insuffisance d'évaluation à long terme des anneaux de gastroplastie, tant sur le plan de l'efficacité que du risque engendré (notamment les risques de tolérance d'intolérance du matériel prothétique et de migration intragastrique de l'anneau), s'inquiète de la diffusion large et en dehors de toute évaluation qui est actuellement faite de cette technique.

Commentaire : la conclusion est nettement moins nuancée et soulève le vrai problème.

 LA  GASTROPLASTIE  -    Forum du GROS du 1.06.2002

C’est avec un intérêt anxieux que je me suis rendue au dernier forum du GROS de l’année qui traitait du « sujet » à la mode, ne laissant personne indifférent.
La participation que j’imaginais massive pour un sujet si « brûlant » ne fut pas très importante mais de grande qualité, comme toujours.
Le compte-rendu richement documenté fut, comme à l’accoutumé émaillé de « phrases chocs » frappant par leur vérité. Je ne manquerai pas de vous les faire partager.
Après un rappel des conditions requises pour envisager une gastroplastie le Docteur Pierre PETEUIL, psychiatre à Besançon, nous a fait un état des lieux de la prise en charge globale de ce type d’intervention dans sa région, la Franche Comté.
Il faut dire que Lyon est considérée comme la « capitale » de la gastroplastie.
Depuis le début de l’année 2002, 5000 interventions ont été réalisées, localement.
Vous pourrez lire en annexe le protocole établi pour poser une indication de gastroplastie. Nous voyons combien ces recommandations sont peu suivies avec des conséquences parfois désastreuses.
Qu’est-ce qui est attendu de la gastroplastie ?

  •  un amaigrissement
  •  une évolution de la ration calorique
  • une amélioration des constantes biologiques
  • une amélioration des problèmes respiratoires
  •  une amélioration de l’image de soi

L’accent est mis sur le fait de ne pas accéder directement à la demande chirurgicale et sur la non réversibilité de l’intervention quelle que soit la technique choisie.(même si elle peut être parfois techniquement envisageable, elle n’est pas souhaitable).
Une période d’observation préalable d’une durée de 6 mois semble incontournable et pourtant rarement respectée.
Pour cette équipe, il semble qu’il faudrait 10 ans de pratique pour avoir les résultats réels d’une thérapeutique.
Sur 7 ans, d’après l’étude SOS (d’après Sjöströmcd,100) 60% des sujets, environ, seraient satisfaits  de la technique de référence de Mason. (Cette étude faite en Suède porte sur 7000 sujets)
Mais il est constaté, d’après ces études que l’amélioration des constantes biologiques ne persiste que pendant 2 ans. Au-delà, les difficultés réapparaissent malgré l’amaigrissement..

La gastroplastie retarde l’évolution des complications liées au surpoids mais celles-ci réapparaissent au bout de 2 ans.

Nous sommes donc très loin de l’effet « magique » escompté par cette perte de poids (durement gagnée).
En effet, on observe :

  • une perte de poids durant 18 mois environ puis une certaine stagnation ou de petites reprises de poids. De toute façon le poids perdu correspond au mieux à 50% du poids excédentaire (par rapport aux normes de BMI)
  •  avec l’anneau, 20% environ des personnes ne maigrissent pas
  • des complications plus ou moins graves sont constatées, elles sont de l’ordre de 30% ce qui n’est pas négligeable.

Ces complications peuvent être locales, à court terme obligeant à réintervenir ou à long terme sous forme de complications gastriques telles que des oesophagites pouvant se révéler très graves.

  • des carences en Fer, Magnésium et acide folique le plus souvent.
  • La gastroplastie est impuissante à juguler les pulsions alimentaires qui peuvent se révéler sous forme de grignotages fréquents et sucrés.

La technique de Mason semble donner de meilleurs résultats que celle de l’anneau. ajustable. Le serrage de celui-ci semble approximatif, le cerclage imprécis (il n’y a pas de radio post-opératoire vérifiant la place de cet anneau).
La grossesse est compatible avec l’anneau en surveillant ses apports caloriques, avec un apport de suppléments pour éviter les carences.
Après ces considérations générales,  notre conférencier s’est attaché à décrire le circuit de prise en charge dans sa région en mettant en exergue le parcours de l’ »obèse massif ».
Evoquant la morbidité annoncée de ce type de surpoids Pierre Peteuil nous a dit :
« L’obésité n’est pas toujours mortelle : beaucoup de chirurgiens en vivent »
Il nous a montré comment, dans sa région, « l’obèse morbide » était systématiquement dirigé dans une filière médico- chirugicale.
L’examen psychiatrique qui devrait être un préalable à toute prise de décision d’intervention devient une simple visite de contrôle en fin de parcours pour avaliser le choix déjà pris. Notre conférencier a un certain recul sur la question puisque c’est le psychiatre exclusif sollicité pour ce type de problème dans la région.
Nous voyons que la pose de l’indication de la gastroplastie repose sur un constat d’échec des autres prises en charge. Elle est souvent considérée comme la solution de la dernière chance.
Dès l’irruption du projet, le chirurgien devient le SEUL interlocuteur reconnu.
Le psychiatre est sommé de donner un certificat de non contre-indication à la gastroplastie alors que ce devrait être l’inverse.
Ce projet amène une résurrection de l’espoir avec l’annulation du souvenir des échecs antérieurs.
Dans le projet de gastroplastie, la perte de poids devient l’affaire du chirurgien et plus celle du patient. Il y a une passation symbolique de servitudes entre le patient et le praticien.
Contrairement à ce que prétendent, en toute bonne foi, les candidats à cette intervention, l‘option chirurgicale est rarement un choix volontaire.
Elle se présente le plus souvent comme la seule solution qui reste c’est à dire l’inverse d’un choix.
Et pour terminer comment ne pas évoquer la phrase de G. Roth
« J’attendais d’être mince pour commencer à vivre, et lorsque je parvenais à maigrir….J’attendais que la vie commence ! »
Les praticiens présents s’interrogeaient sur l’action à mener pour faire respecter le protocole. Les échanges sont allés bon train ne résolvant rien mais ouvrant des débats où il était question de liberté, n’est-ce pas ce que nous devons défendre à Allegro ?

Sylvie Benkemoun pour Allegro Fortissimo

 RECOMMANDATIONS POUR LE DIAGNOSTIC, LA PRÉVENTION
ET LE TRAITEMENT DE L’OBÉSITÉ EN FRANCE

World Health Organization. Obesity: preventing and managing the global epidemic. Geneva, 3-5 june

1997 (WHO/NUT/NCD/98.1):1998

Chirurgie de l’obésité

La chirurgie gastrique de l’obésité:

  • est de plus en plus pratiquée dans notre pays.
  • repose sur différentes procédures de réduction gastrique limitant le volume de la prise alimentaire. La gastroplastie verticale consiste à créer une poche gastrique tubulaire de 15 à 50 ml, qui se vide dans l’antre par un chenal calibré. Une variante de cette intervention, pouvant être réalisée sous coelioscopie, utilise un anneau de silicone gonflable dont le diamètre est ajustable. Aux USA, l’intervention la plus pratiquée est le court-circuit gastro-intestinal (Roux en Y), responsable d’un certain degré de malabsorption intestinale et d’un « dumping syndrome ».
  • entraîne une perte de poids moyenne généralement supérieure à 20 kg en 12 mois (environ 50 % de l’excédent pondéral) et durable mais certains sujets reprennent du poids à distance de l’intervention.
  • n’est pas toujours efficace: 20 % des patients ne perdent pas de poids.
  • a des effets importants sur de nombreuses complications comme le montre les premiers résultats de l’étude SOS.
  • entraîne une amélioration de la qualité de vie et de certains éléments psychologiques (humeur, anxiété, dépression)
  • a un rapport coût/efficacité favorable avec un recul de 4 ans.
  • expose à des risques immédiats qui sont ceux de toute période périopératoire chez le sujet obèse et de la procédure chirurgicale elle-même. La mortalité opératoire de la chirurgie gastrique est inférieure à 1 %, à condition que le chirurgien et l’équipe d’anesthésistes soient expérimentés.
  • doit conduire à de profondes modifications du comportement alimentaire (nécessité de manger en petites quantités, très lentement et de bien mastiquer, sélection des aliments) faute de quoi les effets secondaires digestifs, en particulier les vomissements, apparaissent.
  • expose à distance de l’intervention à des carences en micronutriments, à des troubles digestifs et à la survenue de dépressions.
  •  justifie une surveillance prolongée pour dépister les complications nutritionnelles (vomissements sévères dans un tiers des cas au moins, carences vitaminiques, anémie hypochrome, voire dénutrition protéique) potentiellement graves.
  • n’a fait l’objet d’aucun recueil épidémiologique en France.

 Dans l’état actuel des connaissances, il est déconseillé aux chirurgiens de répondre positivement à une demande de gastroplastie sans qu’un bilan spécialisé ait été réalisé et en dehors d’une prise en charge nutritionnelle structurée. Selon l’avis des conférences d’experts médicaux et chirurgicaux, la sélection des patients doit respecter strictement les critères suivants:

  • la chirurgie ne peut être envisagée qu’après une prise en charge spécialisée bien conduite d’au moins un an incluant des approches complémentaires (diététique, activité physique, prise en charge des troubles du comportement alimentaire, éventuelle prise en charge psychothérapique, et traitement des comorbidités et des complications de l’obésité),
  • la chirurgie ne devrait concerner que les obésités morbides, résistantes aux traitements conventionnels; l’ IMC doit être égal ou supérieur à 40; s’il existe des comorbidités associées, menaçantes, la limite peut être abaissée à 35 kg/(m1),
  • l’évaluation préopératoire doit être menée et la décision opératoire prise par une équipe multidisciplinaire incluant un spécialiste en obésité, un psychiatre et un chirurgien et un anesthésiste en collaboration avec le médecin traitant,
  • l’acte chirurgical doit être pratiqué par un chirurgien expérimenté dans ce domaine, avec l’aide d’une équipe entraînée à l’anesthésie-réanimation des sujets obèses,
  • une information précise doit être fournie au patient sur les avantages, inconvénients, risques et suites de l’intervention et de la nécessité d’un suivi prolongé pendant plusieurs années,
  • les risques périopératoires doivent être acceptables,
  • le sujet ne doit pas présenter de maladie psychiatrique grave (dépression sévère, troubles psychotiques) ni de désordres majeurs du comportement, incluant l’alcoolisme; ce type d’intervention ne doit pas être proposé si le sujet est dans une situation de difficultés psychologiques ou sociales,
  • une évaluation des résultats devrait être basée sur un registre national.

in Diabetes & Metabolism : Recommandations pour le diagnostic, la prévention et le traitement de l’obésité; Masson. supplément 2. 1998. vol.24

Accueil Remonter
association,femme,ronde,gros,grosse,grosses,rond,ronde,rondes,obése,obèses,obèsité,forte,fortes,
fringues,grandes,tailles,grossophobie,BBW,fat admirers,poids,surpoids,fat,big,acceptance,FA,FAS