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l'engagement républicain contre les discriminations
http://www.engagement-republicain.org/

Paris le 1 février 2007,
A l'appel de Jean-François Amadieu
Directeur de l'Observatoire des discriminations,
Université Paris I Panthéon Sorbonne
17 rue de la Sorbonne 70005 Paris
La lutte contre les discriminations et
pour une véritable égalité suppose des actions vigoureuses. Celles-ci consistent
notamment à soutenir les efforts du système éducatif, à moderniser profondément
les processus de recrutement et de déroulement de carrière, à ouvrir et garantir
l'accès de tous aux biens et services. Nous, signataires de cet engagement,
partageons la conviction de l'importance de cet enjeu, le diagnostic des efforts
qu'a encore à effectuer la France en ce domaine et avons un objectif commun
d'égalité.
Pour évaluer les discriminations en raison des origines et pour mesurer les
progrès réalisés il faut disposer de données statistiques. Les informations
actuellement disponibles permettent de constituer de telles données. Des
enquêtes par test, consacrées par la loi en 2005, permettent de mesurer les
discriminations par exemple dans l'accès au logement, à l'emploi ou encore aux
boîtes de nuit. Dans les entreprises et dans les enquêtes nationales, nous
disposons d'informations comme la nationalité ou le pays de naissance du
répondant (ou de ses parents parfois). Le prénom des individus est également
disponible et suffisamment corrélé aux origines. Il est donc parfaitement
possible en l'état actuel de mesurer les phénomènes discriminatoires,
c'est-à-dire l'inégalité des chances d'accès à un emploi, au logement ou à
certaines formes de consommation. Les discriminations en raison des origines, du
handicap, du sexe, de l'âge, de l'apparence physique ou encore du lieu de
résidence font déjà l'objet de mesures précises.
Vouloir aller plus loin en sollicitant des individus qu'ils déclarent leur
ethnie, leur «race », leur religion ou encore leur orientation sexuelle est
inutile dans le cadre de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité
des chances.
Inutiles, les statistiques ethniques sont également dangereuses. Loin de donner
une image de la diversité, elles reviendraient à la simplifier outrageusement.
Il est impossible de classer une population d'origines multiples en représentant
cette diversité. Une classification unique serait forcément réductrice et
inappropriée. Elle inventerait des groupes qui n'existent pas, créerait des
divisions là où il y a rapprochement, suggérerait homogénéité là où il y a
diversité, mettrait des frontières là où il y a continuité. Les statistiques
ethniques auraient pour effet de faire droit à la notion de «race » - dont
chacun reconnaît le caractère non scientifique et le danger - et de développer
les affrontements communautaires.
L'établissement de telles statistiques n'aurait de sens que dans le cadre de
politiques de discrimination positive : refuser l'accès au logement en raison
d'une soi-disant appartenance raciale, donner une priorité en fonction de la
couleur de peau dans l'accès à l'emploi, réserver des marchés publics selon la
composition des effectifs d'une entreprise ou la « race » de son dirigeant,
faire correspondre la composition des effectifs d'une entreprise à son bassin
d'emploi, limiter la surreprésentation d'une religion au sein d'une profession
ou encore ajuster la composition des équipes de sport nationales aux
caractéristiques ethniques ou raciales de la nation, qui seraient inventées pour
l'occasion.
- Nous rejetons ce type de discours et de politiques discriminatoires, parées
des vertus de l'égalité réelle, mais qui portent en elles les germes du racisme
et de l'antisémitisme. Les statistiques ethniques ne sont donc pas un outil de
lutte contre les discriminations mais risquent d'être l'instrument de certaines
formes de discrimination.
- Nous nous engageons à poursuivre notre combat contre les discriminations et
pour l'égalité et à utiliser les informations actuellement disponibles pour
étudier ces réalités et mesurer les progrès accomplis.
-Nous refusons que soient collectées des informations sur l'ethnie ou la « race
» des individus, leurs appartenances religieuses, leurs engagements
philosophiques, politiques et syndicaux ou encore leurs orientations sexuelles
dans l'objectif de connaître la composition précise d'une école, d'une
entreprise, d'une profession, d'un quartier ou d'un immeuble, des populations
délinquantes ou carcérales.
- Nous invitons chacun à préserver, pour lui-même et pour les autres, le
principe d'égalité comme celui de liberté qui commence par le droit à ne pas
devoir choisir et révéler son appartenance ethno-raciale, sa religion, ses
opinions ou son orientation sexuelle.
- Nous affirmons notre attachement au principe d'égalité, fondateur de notre
République, qui interdit que l'accès à un emploi, une formation, un bien ou un
service puisse dépendre, même provisoirement et partiellement, de l'appartenance
ou de la non appartenance à une ethnie, une race, une religion.
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