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Conte d'été pour Noël
La ville s'est vidée tout entière dans un grand soupir de soulagement. Les rues respirent un peu à la tombée du soir, même les couleurs, accablées de chaleur, semblent maintenant boire le silence avec gratitude. Juste le bruit de mes pas qui s'échappe et résonne de gauche à droite, écho de ma solitude. La petite place que
j'aime tant est juste au coin de la rue, j'imagine déjà le plaisir de plonger dans l'ombre de ses vieux arbres, de m'asseoir sur le banc, fermer les yeux, me laisser bercer par le murmure soyeux de la fontaine. Je m'arrête net, surpris et furieux : le banc est pris. J'ai tellement l'habitude de venir m'y asseoir que j'ai fini par croire qu'il m'appartenait. Mais non, il
faut se faire une raison, je n'y aurai pas droit aujourd'hui. Je fais discrètement le tour de la place pour mieux voir qui s'est arrogé le droit de me subtiliser mon petit bonheur du soir. C'est une femme, une grosse femme. Tiens, tiens, moi qui apprécie les rondeurs, je deviens curieux et je l'observe. Elle semble triste, prostrée, tombée en elle-même, sur le point de
pleurer. Elle ne me voit pas, elle ne voit pas non-plus le moineau à ses pieds qui lui réclame gentiment quelques miettes. Elle doit avoir la quarantaine, cheveux châtains aux longues boucles tombantes, elle porte une petite robe d'été très courte, très très courte. Étonnant de la part d'une femme aussi grosse. Car elle est grosse, vraiment, absolument, catégoriquement. Sa
robe ne cache rien de toutes ses rondeurs, au contraire. Elle a dû utiliser un chausse-pied pour pouvoir l'enfiler, ce n'est pas possible ! Ses seins tendent terriblement le tissu à chaque soupir triste qu'elle pousse.Je regarde autour de nous, personne, la place est toujours un écrin de fraîcheur, silencieuse comme une église. Que faire ? Au bout de cinq minutes
d'observation immobile je me propulse vers elle sur une impulsion venue du fin fond de ma solitude.- Dites-moi mademoiselle, je vous signale que vous occupez mon banc.
Elle sursaute comme devant un miroir matinal et ouvre sur moi de grands yeux verts.
- Pardon ? Vous dites ? Votre banc ? je suis désolée, je ne savais pas, mais... ce n'est pas une place publique ici ?- Si si, la place est publique mais le banc ne le sait pas. Il est persuadé de m'appartenir, il m'a pris en affection, alors vous comprenez, je ne veux pas le décevoir et je viens le voir tous les soirs à la même heure. Elle m'observe stupéfaite, elle balaye
la place d'un regard circulaire pour savoir si tout cela est réel ou si elle ne deviendrait pas folle à lier. Il n'y a rien ni personne pour la rassurer. Elle se lève difficilement en murmurant un " excusez-moi " et va pour s'en aller, ou plutôt pour me fuir.- Attendez une minute mademoiselle. Ce banc est sympathique mais il a très peu de conversation. Je m'ennuie avec
lui. Vous ne voudriez pas rester un petit moment avec moi pour faire la causette ?- Non non, je suis pressée, bonsoir. Décidément je n'ai aucun talent pour aborder les femmes, même quand elles sont tristes et aussi seules que moi. Alors la jolie petite place et ses habitants décidèrent de nous donner un coup de pouce. Le petit moineau qui m'avait évidemment reconnu se pose
sur mon épaule comme un ange rieur et malicieux. Je ne bouge pas. Nous devons faire un tableau bien touchant tous les deux puisque la jolie grosse femme reste suspendue dans son élan premier, figée de ravissement. Je me rassieds.- Allez, asseyez-vous, ne décevez pas mon copain piaf. Elle s'assied.
Elle n'a pas fait attention mais sa très courte petite robe est remontée bien haut, découvrant complètement des cuisses dodues, blanches, laiteuses qui n'ont pas dû voir le soleil depuis bien longtemps. Tout me porte à croire qu'elle n'a pas du tout l'habitude de telles tenues. Nous ne nous disons rien, nos regards se perdent dans le vague des arbres qui se balancent
doucement comme pour nous encourager.
- Je suis seul, vous êtes seule. Je suis triste, vous êtes triste. Ca ne va pas être facile de se remonter le moral. Elle sourit un peu, juste un peu, un de ces sourires las et plein de soupir.
- Pour ma part il n'y plus grand chose à remonter, le moral est vraiment trop bas. J'avais un rendez-vous, je n'en ai plus.- Grosse déception ?- Oui. Sûrement parce que je suis grosse, précisément.- C'est vrai que vous êtes grosse. Un regard en coin.
- Merci de ne pas être hypocrite. Mais j'avoue que ça fait toujours un peu mal de se l'entendre dire si franchement.- Bon, d'accord vous êtes grosse, mais si vous pensez trouver en moi une épaule compatissante pour larmoyer un bon coup, c'est raté. Car voyez-vous, il se trouve que j'aime les femmes bien en chair comme vous. Et oui, ça existe. Et rien ne m'énerve plus que
de voir une femme se plaindre de ses rondeurs quand elle devrait plutôt les arborer sereinement, au moins par respect pour les hommes comme moi qui les aiment.- Qu'est-ce que vous croyez ? J'ai bien essayé d'être naturelle, même de croire au dernier homme qui m'a dit être séduit par mes rondeurs. C'est pour lui que j'ai mis cette robe, c'est lui que j'attendais ici et
c'est lui qui n'est pas venu malgré toutes ces promesses.- C'est un idiot. Et vous le remercierez de ma part, il m'a permis de vous rencontrer. Et cette robe ne vous va pas du tout.
- Merci !
- De rien.
Le moineau choisit ce moment pour s'envoler de mon épaule, ce qui déclencha aussitôt un vrai torrent de larmes dans les yeux de ma voisine, un déluge de désespoir et d'amertume, un geyser venu du plus profond de sa solitude. Je ne sais pas du tout comment cela se produisit, mais je sais que nous nous sommes retrouvés dans les bras l'un de l'autre, elle pleurant toutes les
larmes de son cœur, secouée de sanglots, et moi un peu bête et maladroit, tentant de la consoler, de lui caresser tendrement les cheveux qui sentaient bon, si bon que je les ai embrassé, puis ma bouche est descendue sur son front pâle, sur ses paupières ou j'ai bu ses larmes, salées et brûlantes, Et sa bouche charnue et peinte en rouge est venue vers moi, implorante,
tremblante, nos lèvres se touchent, se rencontrent, s'explorent mutuellement, sa langue frappe à ma porte et entre lascivement, s'éploie dans ma bouche, cherche ma langue, la trouve, la caresse, l'arraisonne, l'entortille. Pendant ce long baiser d'anthologie, mes mains sont allées à la découverte des hanches de ma dulcinée, et quelles hanches ! Pleines, larges, souples,
courbes longues et profondes, amplitude ravissante, caresses ténues, encore maladroites, débutantes mais tenaces comme un soulagement. Enfin, après quelques siècles immobiles nos bouches se séparent, nos yeux s'ouvrent sur nos yeux, brûlant du soleil qui se couche derrière la place, un gros soleil rouge et repu, satisfait de l'incendie qu'il vient de provoquer. Elle pleure
à nouveau, mais cette fois ce sont des larmes claires et scintillantes, illuminées d'un grand sourire muet, vieux comme un espoir perdu puis retrouvé. Nous nous enlaçons à nouveau, fort, très fort, ses mains dans mon dos et puis sur mes fesses, les miennes aussi qui glissent le long de collines prometteuses, gonflées comme une prairie au printemps, à nouveau nos bouches,
déjà plus sures dans leur union, nos langues sont de vieilles connaissances et elles se promettent tout bas bien des choses secrètes. En bas de mon ventre, je sens poindre une raideur inexorable, une douleur enracinée depuis des siècles dans mes rêveries solitaires, maladroitement j'essaye de le cacher, mais elle s'en rend compte et y porte la main, sans gêne ni pudeur.-
Alors c 'est vrai tu veux bien m'aimer, dis ? Je sens ton désir, là, au creux de ma main, c'est bon, merci mon Dieu, merci. Tu aimes l'amour ? Moi beaucoup tu verras, je suis gourmande et je te donnerai beaucoup de plaisir. Je n'ai pas beaucoup d'expérience mais je veux tout découvrir, j'ai envie de toi, de ton sexe, de tes mains, ta bouche, tes fesses. Au fait comment tu
t'appelles ? Moi c'est Marie, pas très original mais j'aime bien. Et toi dis ? On va chez-moi tout de suite ? Je n'habite pas loin, un grand appartement douillet, un grand lit trop vide qui ne va pas en revenir, tu veux boire un verre avant ? J'ai envie tout de suite ! Prends-moi, aime-moi... Suffoqué par cette avalanche de mots je ne dis rien, je lui prends juste la main,
je la serre fort, je suis sur le point de pleurer à mon tour et pour une fois je ne sens pas le besoin de le cacher.- Septentrion
- Quoi ?
- Rien, juste je m'appelle Septentrion.
Nous avons quitté la petite place, c'est vrai qu'elle n'habitait pas très loin...
Ma main glisse lentement sur toutes les courbes rebondies de son corps allongé sur le ventre. La peau est douce, chaude, tendre, surtout au creux des hanches sur lesquelles je m'attarde un moment.
Et puis ma main n'y tient plus et se dirige sur ses fesses magnifiques, amples, blanches, laiteuses.
Ma caresse la fait soupirer de désir et de plaisir, un frisson la parcourt toute entière et elle se cambre un peu plus pour m'offrir amoureusement ses deux globes lunaires. Je les prend maintenant à pleines mains et c'est un bonheur que de sentir cette chair opulente, pleine, douce comme un fruit bien mur. Je les malaxe tendrement, je les pince, les tire, les palpe
gentiment. Elle ronronne comme une grosse chatte alanguie au soleil, les yeux fermés, le visage enfoui au creux de ses bras. J'écarte doucement les deux globes pour faire apparaître le sillon rose tendre, ourlé et délicat, au fond duquel se détache l'illet un peu plus brun, pudique et fermé." - Tu es très belle ma douce, tes grosses fesses sont vraiment appétissantes tu
sais!- Hummm tu m'excites terriblement, je suis toute à toi, entièrement, même ici."Voila pour aujourd'hui mes belles et jolies rondes. Je vous propose le choix pour le prochain épisode : préférez-vous connaître la suite de ces jeux torrides ou plutôt remonter le temps au début de cette aventure sensuelle et érotique?La majorité décidera. A vos claviers!
Septentrion Décembre 1999 |