La chirurgie réparatrice de l'obésité

Docteur Philippe Lazare SELLAM, Chirurgien esthétique et réparateur.
Attaché à l’Hôtel-Dieu de Paris pour les prises en charge liées à l’obésité.
Il s’occupe de la » grande obésité » depuis 1995 en collaboration avec le service de nutrition du professeur Basdevant.
Il travaille également en privé pour tout type de chirurgie esthétique et réparatrice et à Lagny s/marne pour la chirurgie réparatrice du sein.
Le docteur SELLAM pratique cette chirurgie aussi bien chez des patients qui ont beaucoup maigri que chez ceux qui ne perdent pas de poids.
Il est spécialiste en plasties abdominales, plasties mammaires, lipoaspirations, body lift, liftings des bras, cruroplasties(cuisses) et visage.


Compte-rendu de la rencontre médicale avec le
Docteur Philippe Lazare SELLAM du samedi 15 mars 2008
 

Les deux objectifs de toute chirurgie sont, en général : chercher à rendre service au patient en le soulageant et prévenir les complications.

Lorsque les patients sont en surpoids et / ou ont du diabète, cela augmente les risques opératoires : problèmes de cicatrisation, de phlébite, d’embolie pulmonaire voire de décès.

Il faut donc essayer de  prévenir ces risques chez un patient quel qu’il soit  puisque lorsqu’on est allongé sur la table d’opération, les muscles des jambes sont endormis, il y a un ralentissement de l’afflux de sang  qui devient plus épais et risque de boucher des artères. Plus l’opération est longue, plus le risque de phlébite est élevé.

L’écho- doppler réalisé avant l’opération permet de déceler  les risques de phlébites ou les phlébites et de traiter au préalable.

La meilleure prévention est le port de bas contention (niveau 2) pendant toute la durée de l’opération et 3 jours après. Cette précaution est identique pour tout type d’intervention.

Pour certains il est nécessaire de faire ces bas sur mesures. Il est recommandé de s’adresser à des maisons spécialisées qui s’occupent des lymphodèmes. Ces bas se font faire sur prescription médicale. Ils peuvent être conservés et utilisés ultérieurement en cas de voyage en avion.

Cependant le risque zéro n’existe pas ; il démarre à partir du moment de l’endormissement, comme pour toute opération, et demeure jusqu’à 3 jours après.

La plastie abdominale :

L’abdomen pendulum c'est-à-dire la peau du ventre qui descend jusqu’à recouvrir le pubis est la vraie indication pour cette opération : c’est la référence pour la prise en charge par la sécu. L’envoi de photos au Médecin Conseil peut-être  un élément favorisant son accord.

Deux exemples concrets :

  • Une patiente, de 48 ans avec un IMC de 48 qui refusait une chirurgie digestive La plastie abdominale lui a permis de perdre 16 kgs et  a été un déclencheur  à son envie de maigrir ; elle s’est ensuite dirigée vers une chirurgie digestive.

  • Un  homme de 55 ans , 57 d’IMC  pour lequel la chirurgie digestive était trop risquée(risque d’infarctus) a subi une plastie abdominale et perdu 40 kgs . L’opération était une question de survie dans ce cas. Seule petite complication : la cicatrisation a duré un an. On parle alors de chirurgie de sauvetage ou de chirurgie fonctionnelle.

La plastie abdominale n’est pas la récompense à une perte de poids. On opère les gens même sans perte de poids  puisqu’il s’agit d’aider des gens qui se sentent mal et qui ont perdu leur mobilité à cause de cette masse gênante et invalidante parfois.

L’intervenant parle du périmètre de marche qui peut diminuer à cause d’un ventre excessif.

La personne concernée entre alors dans un cercle vicieux, celui du manque d’activité physique et du poids qui s’élève. Il devient donc urgent d’intervenir pour ne pas aggraver la situation d’obésité existante.

Pour trouver un chirurgien il est recommandé de vérifier  auprès du Conseil de l’Ordre qu’il a bien la qualification de chirurgien plasticien ; en général c’est le « bouche à oreille » qui fonctionne le mieux.

Le bon chirurgien est celui qui écoute son patient, et celui avec qui on a un bon feeling et une confiance nécessaire.

Avant 94 : dogme de la perte de poids seulement  par le régime .On refusait la prise en charge de la chirurgie comme traitement de l’obésité

A partir de 96, des résultats ont montré  leur inefficacité et on s’est tourné vers la chirurgie digestive, le sport intensif,…pour « faire maigrir »

C’est donc depuis 96 environ qu’ont commencé les prises en charge en chirurgie plastique pour les obèses. Avant, la chirurgie abdominale ne s’adressait qu’aux personnes minces.

C’est au congrès de Lyon, en 1999 que la chirurgie bariatrique (chirurgie gastrique de l’obésité) a été associée à la chirurgie réparatrice.

Les patients que  le chirurgien reçoit ont déjà un parcours de prise en charge de leurs problèmes de poids avant de s’adresser à lui et ne viennent jamais en 1ère intention.

Avoir stabilisé son poids (poids +psychologiquement) n’est pas une obligation à cause des paliers qui peuvent durer 2 ou 3 ans.

Quand on maigrit  on a parfois du mal à accepter les modifications corporelles notamment la peau qui pend.

2 parties à l’opération : lipoaspiration + tension de la peau

Le plus douloureux est la partie liposuccion car la partie sous le nombril (celle où se trouve la cicatrice) reste anesthésiée au moins 6 mois (de 6mois à deux ans). C’est désagréable, on a l’impression d’avoir le ventre comme du carton, mais ce n’est pas douloureux.

Des progrès ont été faits concernant la liposuccion ; avant en aspirant de la graisse, on aspirait aussi du sang. Il y a maintenant un moyen de diminuer le saignement grâce à des techniques moins invasives : on injecte un produit  qui rend l’aspiration de graisse plus facile avec de meilleurs résultats.

Aux USA  la limite de graisse aspirée est 5 litres sous hospitalisation (en dessous, on n’hospitalise pas) ; 

En France, on enlève, en une fois,  au maximum 8% du poids du patient pour éviter les complications. Si nécessaire, on peut procéder à une 2nde liposuccion un mois et demi plus tard

Quelques complications mineures : séroma (poche de liquide), lymphorrhée (le liquide s’évacue à travers la cicatrice) , nécrose cutanée , cyanose per opératoire, persistance de capitons. …)

Questions –réponses

  • Il n’y a, a priori, pas de contre-indications pour les personnes sous anticoagulants ni en cas de maladie veineuse (varices…) Dans ce cas, l’avis du phlébologue est demandé pour pouvoir traiter le problème avant ou après l’opération.

  • Dans le cas d’une plastie abdominale, l’arrêt de travail est de 3 semaines environ ; le patient peut se lever dès le lendemain de l’opération.

  • La durée d’hospitalisation est de 4-5 jours pour un IMC inférieur à 40 et d’environ 8 jours pour une obésité morbide (donc supérieure à 40).

  • port d’une gaine pendant deux mois pour induire une cicatrisation harmonieuse.

  • L’activité sportive peut être reprise après 6 semaines.

  • Si l’on a du diabète, les complications sont les mêmes que pour toute autre opération : infections post opératoires ou problèmes de cicatrisation

  • Le cholestérol n’est pas un problème sauf s’il y a antécédent de problème cardiaque

  • 6 mois d’attente avant d’envisager une grossesse après ce type d’opération.

  • 2 chirurgies peuvent être faites en même temps (par exemple une plastie abdominale et une réduction mammaire) si le patient a un IMC inférieur à 40 et s’il n’y a pas d‘autre maladies

  • Si l’on a un anneau, il doit être desserré avant une plastie abdominale

  • 2 ans d’attente en hôpital pour être opéré d’une plastie abdominale (1mois1/2 en privé).

  • la liposuccion concerne également le pubis. Il reste sensible et devient même plus sensible car la peau est tendue.

  • la reprise d’une activité sexuelle est possible 3 à 4 semaines après l’intervention.

  • pas de problème en cas de boîtier de gastroplastie

  • En cas de problèmes du genou une réduction abdominale peut empêcher une opération et l’on sait que la pose d’une prothèse de genou est 10 fois plus dangereuse qu’une abdominoplastie. Un exemple nous a été donné d’une patiente ayant vu la fin de ses douleurs du genou après un amaigrissement de 4kg ce qui confirme ce que l’on sait sur l’importance parfois d’une petite perte de poids suffisante à enrayer une pathologie liée à l’obésité.

  • Il n’y a plus à craindre les durées d’anesthésie et leurs conséquences car avec les produits actuels le réveil se fait très vite après l’opération, ce qui supprime d’éventuelles complications postopératoires.

  • La chirurgie réparatrice peut être une aide à poursuivre l’amaigrissement. C’est un accélérateur de reconditionnement de son corps.

Bras

  • Une forte demande d’intervention existe. C’est le problème des bras ballants ou des gros bras (disproportionnés par rapport au reste du corps).

  • Le problème est plus fonctionnel qu’esthétique : certaines femmes ne peuvent entrer leurs bras dans un vêtement pourtant à leur taille pour le reste du corps.

  • De gros progrès ont été faits ; en prolongeant l’ouverture vers l’omoplate, c’est à dire de 5 ou 6 cm vers le dos au lieu de s’arrêter sous l’aisselle, le résultat est meilleur. La cicatrice        peut être positionnée de façon à ne pas être visible ni de dos ni de face lorsqu’on a les bras le long du corps.

  • Parfois, seule la liposuccion est nécessaire, la peau se rétractant toute seule (sujets jeunes et tissus réactifs).

Seins

  • C’est la deuxième chirurgie la plus demandée (la première étant l’abdominoplastie).

  • La Sécurité sociale ne prend en charge que la réduction mammaire au moins égale à 300g par sein (pas de prise en charge des ptôses)

  • Des techniques récentes existent : le lipomodelage et la liposculpture

  • Elles utilisent la graisse prélevée au niveau de l’estomac et réinjectée dans le sein pour le remodeler.

  • Sans demande de la patiente le praticien reconstruit un bonnet C.

  • La cicatrice péri-alvéolaire blanchit entre le 8ème et le 12ème mois.

  • Arrêt de travail : 15 jours pour un travail de bureau, 3 semaines en cas de port de choses lourdes.

Plastie crurale (des cuisses)

  • On opère du genou à l’aine avec une fixation de la peau sur l’os de l’aine pour éviter que la cicatrice ne retombe, ce qui était le cas avec les techniques précédentes.

  • C’est l’une des opérations les plus gênantes car elle nécessite un nettoyage/ séchage précautionneux fréquent du fait de l’emplacement de la cicatrice.

Prise en charge : dépend des opérations et au cas par cas ;

  • pour les seins, seulement en cas d’hypertrophie

  • le ventre : sous condition de « pendulum »

  • lifting , bras et cuisses  : pas de prise en charge

 

Bodylift et bodysculpture

  • permettent de sculpter le reste du corps en harmonisant les différentes zones.

 

Coût de l’opération

  • Il y a  des dépassements d’honoraires en clinique 

  • Bras : environ 2800 euros sans prise en charge

  • Plastie abdominale : 4200euros

  • Lifting : 4000 euros à 15000 euros environ

Le devis doit être systématique ; il n’engage pas le patient qui peut renoncer à tout moment. Il se passe au minimum1 mois1/2 entre le 1er contact avec le chirurgien et l’opération, pendant lequel un traitement de fer, d’arnica, de vitamines  de probiotiques   est prescrit

La rencontre s’est terminée par le leitmotiv présent à plusieurs reprises.

La chirurgie réparatrice de la silhouette n’est pas une récompense à l’amaigrissement.

L’équipe santé d’Allegro Fortissimo


Communiqué de presse

La chirurgie réparatrice de l'obésité
Tout ce que vous désirez savoir et que vous n’osez pas demander

Le samedi 15 mars 2008 de 14h30 à 17h30


Allegro Fortissimo organise des rencontres médicales en rapport avec les thèmes choisis par ses adhérents et abordés dans les forums Internet.
Après les interventions de chirurgie gastrique de l’obésité il nous semble important de pouvoir aborder les rançons esthétiques des grands amaigrissements et les possibilités de réparation.
Ce sont souvent des sujets sensibles que l’on n’aborde pas facilement et pourtant il est important de savoir que la médecine peut continuer à nous aider dans ces parcours, de façon individualisée.
Que pouvons-nous attendre de ce type de chirurgie ?
Quelles sont les régions du corps les plus vulnérables et quelles sont les interventions possibles ?
Existe-t-il des contre- indications, des limites à ce type de chirurgie et quelles sont-elles ?
Il nous semble important d’envisager ces questions avant toute décision de chirurgie gastrique pour ne pas compromettre les efforts et les bénéfices de ces interventions.
Les résultats esthétiques des grands amaigrissements ne sont pas prévisibles. Ils s’évaluent au cas par cas.
Le docteur Philippe SELLAM, spécialiste de ces questions, partagera son expérience dans un cadre où vous serez sans doute plus à l’aise pour poser vos questions et vous faire une idée de ce qu’il est possible d’espérer.
Il évoquera également les interventions possibles avant amaigrissement en nous proposant un panorama complet des techniques actuelles de chirurgie esthétique et réparatrice liées à l’obésité.
Des témoignages et des photos nous permettront des échanges et une interactivité plus sereine que dans un cadre médical.

N’hésitez pas à venir participer à cette rencontre et à enrichir par vous questions tout ce que nous aurons à partager.

Nous vous attendons nombreux.

Allegro Fortissimo
 

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