Que pense
Allegro des campagnes contre l'obésité ?
Que
pensons nous donc, en quelques mots, des campagnes de lutte contre l'obésité?
- que nous en comprenons les objectifs, c'est déjà un préambule
- mais que nous les trouvons trop globales, confondant souvent mesures de santé
et mesures de lutte contre l'obésité
- qu'elles simplifient une question complexe en ne faisant pas de disctinction
en fonction des histoires biologiques de chacun
Il y a de grandes différences entre une prise de poids récente, pour une
personne n'ayant pas une génétique propice au surpoids et à l'obésité
et une histoire de prise de poids, de régimes et de poids élevé devenu
irréversible .
Il y a aussi une différence de conseils à donner en fonction de l'âge.
Les besoins ne sont pas les mêmes pour un enfant, un adolescent, une femme
enceinte , une personne jeune ou mature.
En ce qui concerne la prévention, nous pensons que la détermination de l'IMC par
des personnes non informées sur ce qu'est l'obésité et sur la façon d'aider les
personnes peut être délétère et créer des paniques inutiles parfois (même si
nous savons que cela peut être AUSSI une façon de réagir au plus vite quand un
problème se présente, avant qu'il ne s'aggrave).
Nous pensons que l'alimentation est diabolisée et qu'elle est considérée
principalement sous son aspect nutritionnel.
Quant à l'activité physique, il ne suffit pas de dire qu'il faut en faire tous
les jours pour créer les conditions propices à une autre utilisation de son
corps au jour le jour. (il y va des emplois du temps, des aménagements et de
changements de mentalités laissant l'intérêt pour la performance au profit d'un
véritable épanouissement de chacun).
Mais ce qui nous semble majeur, c'est la non adaptation de ces campagnes au
public le plus touché par l'obésité et qui se rencontre dans les populations les
plus défavorisées; (de quoi se sentir encore plus en difficulté quand on n'a pas
accès à ces 5 fruits et légumes par jour et quand les priorités sont ailleurs).
Nous pensons également que ces campagnes laissent supposer qu'il suffit d'avoir
une bonne hygiène alimentaire et physique (une demie heure d'activité physique
par jour) pour que tout aille bien et surtout que l'on ne soit pas gros.
Comment ne pas nous inquiéter de ces raccourcis alors que nous savons bien
combien ces informations ne correspondent pas à nos réalités.
Gros ou pas, on peut aller mieux en mangeant mieux et en bougeant plus mais on
ne peut pas, comme par enchantement rentrer dans des normes de poids dont la
détermination est idéale et ne correspond pas à la diversité de nos
morphologies.
Ces campagnes ont le mérite de prendre en compte un phénomène qui peut devenir
préoccupant si nous n'essayons pas d'arrêter sa croissance mais nous n'adhérons
pas au moteur choisi, celui de faire peur à tous, même à des personnes qui ne
sont pas en risque de devenir gros (mais qui peuvent le devenir si elles se
mettent sans cesse au régime inutilement).
Nous dénonçons ce devoir de santé parfaite aux motifs souvent économiques en
rappelant que de chaque côté des courbes de Gauss il existe des valeurs
marginales et qu'il est important d'en tenir compte dans les messages pour
qu'ils n'accentuent pas le rejet des personnes non conformes.