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Les demoiselles DAVAILLON

Dessins et peintures d’Alice Davaillon
« Femmes grosses, elles sont parfois d’une légèreté paradoxale, comme si leur chair était gazeuse. Elles peuvent être aspirées par le haut, s’élever au ciel en une étrange assomption païenne.
Leur corps est un labyrinthe élastique et mouvant. Le regard se perd et se retrouve dans les plis et les replis de leur ventre, de leur fesses, de leurs seins.
Elles ont pour sœurs les « Vénus aurignaciennes »(au début du paléolithique supérieur) ;certaines femmes de Rubens, Courbet ou Renoir ; les sirènes peintes par Arnold Böcklin ;quelques personnages des films de Fédérico Fellini…Elles ont pour cousine la jeune géante de Baudelaire, lorsqu’il rêve de « ramper sur le versant de ses genoux énormes »
ou de « dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins ». Vous évoquerez aussi le belle qui se nomme Pleine-Lune, l’adolescente qui apparaît dans la trois cent trente sixième nuit des Mille et une Nuits. Elle montre « l’opulence de son ventre aux magnifiques plis superposés, et la rondeur de son nombril ombreux, et la richesse de sa croupe considérable ». Elle cite les éloges
que fait d’elle le poète : « Regarde-la marcher, quand elle remue des deux côtés deux outres balancées, lourdes et redoutables dans leur lascivité. Regarde-la quand elle s’assied, comme elle laisse à l’endroit quitté, en souvenir de son passage, ses fesses imprimées ».
…/…La Planète Davaillon est une planète de peinture. Les grosses femmes sont des femmes de pastel. L’excès de matière est figuré grâce à la poudre des pastels, à celle de la sanguine. Des masses énormes sont représentées grâce à de légers mouvements de la main sur le papier. Le « trop » naît du « presque- rien ».
Gilbert Lascaux pour Alice Davaillon (extraits)

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