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| Communiqué de presse :
Proposition commerciale d Air France/KLM l’inacceptable !
Depuis longtemps déjà, Allegro Fortissimo a créé
une commission de travail avec Air France pour faire connaître
les besoins spécifiques des personnes corpulentes lors des
voyages en avion.
Notre association a expliqué les particularités
des voyageurs obèses à la compagnie et a pris note de la nécessité
de respecter des contraintes de sécurité qui nous ont été largement
expliquées. L'objectif de cette commission est de permettre des vols
dans de bonnes conditions pour tous : les personnes corpulentes, les
autres passagers, le personnel navigant. Cette sensibilisation a été
faite pour d’autres diversités (personnes handicapées physiques,
mères avec bébés, femmes enceintes, etc.) sans qu'une majoration de
tarif ne soit appliquée à ces populations.
A ce jour, pour les personnes corpulentes, des
arrangements au cas par cas existent, en fonction du pourcentage de
remplissage des avions, de façon globalement satisfaisante, et les
incidents sont très rares.
Il nous a été récemment proposé de réglementer
notre situation spécifique en acceptant d’anticiper le besoin d’un
fauteuil supplémentaire au pris de 75% du tarif et en se le faisant
rembourser si l’avion n’était pas plein. On nous a précisé que cette
mesure ne serait pas obligatoire, mais il nous a été indiqué que si
une personne corpulente n'achetait pas de second siège, elle
pourrait se voir refuser l'accès à bord si l'avion était plein et
qu'une place vide ne pouvait lui être attribuée gracieusement.
Nous n’avons pas signé une telle proposition
stigmatisante qui pénalise les personnes concernées en rejetant
leurs différences et leurs besoins.
Après le scandale de Ryanair, nous pensions parvenir à un accord
plus volontariste qui permettrait une responsabilisation des
personnes grosses concernées par les difficultés de place en avion.
Elles pourraient choisir de prendre un vol non complet à tarif usuel
et obtenir gracieusement une place supplémentaire ou bien de voyager
plus confortablement en achetant un billet dans une classe
supérieure.
A terme, nous souhaitons que les compagnies
octroient une rangée de sièges plus larges dans chaque avion pour se
conformer aux nouvelles réalités de la diversité des corps. Une
campagne de mensurations récente a permis d'identifier que la
population française dans son ensemble est plus grande et plus
grosse qu'il y a cinquante ans, mais les sièges d'avion ne sont pas
adaptés à cette évolution. Peut-être serait-il temps d'y réfléchir ?
Nous n’acceptons donc aucune mesure qui
viserait à rendre obligatoire l'achat d'un second siège quel que
soit son prix, et nous ne manquerons pas de lutter pour le respect
de notre diversité auprès des autorités compétentes.
Malgré le démenti d’Air France nous
maintenons notre position de refus de cette offre commerciale
Paris le 20 janvier 2010
Allegro Fortissimo |
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Réponse d'Allegro aux propos de
Mr Barbier de l'Express...
Monsieur le président Directeur, et directeur de publication ;
Monsieur marc FEUILLEE
Comme vous l'avez sans doute constaté,
l'édito du 20 Janvier de Monsieur Christophe Barbier a suscité de
nombreuses polémiques que l'on peut comprendre.
Comment ce monsieur qui n'est ni médecin, ni
scientifique, se permet-il de juger les personnes obèses ?
Il semble, selon ces dires, qu'il ait voulu
"mettre les pieds dans le plat"(sic), on se demande pourquoi, en
rapport avec la décision d'Air-France de faire payer aux personnes
obèses une double place lors de leurs déplacements en avion.
Monsieur Barbier s'est
donc cru investi d'une mission pour le moins saugrenue, à savoir,
faire prendre conscience aux personnes obèses de la responsabilité
de leur obésité,donc de leur obligation de payer.
Est-ce
aux gens hors-normes ou handicapés de s'adapter à la dimension des
sièges des avions d'Air-France, ou bien aux compagnies d'aviation
d'offrir des fauteuils dignes de ce nom.
Il essaie de faire le distinguo entres les
"bons obèses génétiques" et les "mauvais obèses" coupables de
s'empiffrer par un manque de volonté, voire une impossibilité de
violence que l'on doit se faire à soi-même pour s'intégrer à la
société (sic).
Si Monsieur Barbier en est encore à penser
que seul le régime peut corriger l'obésité, rappelons lui que,
justement, la succession de régimes diététiques médicaux (violence
faite à soi-même comme il le dit si bien) est la cause d'une obésité
installée par rebonds successifs de pertes et gains de poids, et
rebelle, hélas, à toute tentative de retour à la "normale", si tant
est que l'on ait connu une normalité.
Les écrits des Docteurs Apfeldorfer et
Zermati lui permettraient de faire son éducation journalistique sur
ce sujet.
A force de vouloir avoir un avis sur tout,
on prend le risque de dire des inepties.
Malheureusement, ces
avis mêmes tronqués prennent le chemin du Net, et entretiennent la
stigmatisation des personnes obèses qui se passeraient bien encore
une fois d'être montrées du doigt.
Pensez-vous un instant que l'obésité soit un choix de vie ?
Pensez-vous qu'il soit nécessaire
d'entretenir la discrimination de ces mêmes personnes devant une
société devenant de plus en plus grossophobe ?
Cette manie de tout ramener à l'apparence,
en effaçant l'humain derrière son apparence, niant sa souffrance
d'être obèse, en le faisant passer pour un être mou, sans
intelligence, négligé etc., ne pensant qu'à manger !
Raccourci facile pour une société qui ne
veut voir qu'une obésité d'apparence sans mesurer son aspect social.
Trop dérangeant sans doute.
Alors, sommes-nous responsables de notre
obésité, oui, comme nous sommes responsables de nos faits et gestes
devant la vie, mais nous plaidons non-coupables, puisque l'obésité
est reconnue comme maladie par l'OMS, ce qui enlève à des Messieurs
Barbier et consorts le droit de nous juger et de nous appliquer une
sentence faite d'interdiction d'utiliser les mêmes droits que nos
concitoyens dans un démocratie. Y compris le droit de voyager dans
un avion au même tarif que les autres.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le
Directeur nos sincères salutations.
Pour Allegro Fortissimo
Viviane Gacquière, présidente |
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Lettre
ouverte aux grossophobes.
Si la vie se réduisait à un code alimentaire,
vous auriez le droit de nous faire un procès pour oser
délibérément ( pensez-vous...) sortir des chemins balisés.
Mais la vie, notre
vie, votre vie se résume-t-elle à cela ?
Vous avez l'air de
croire qu'une personne obèse a choisi son état en le
revendiquant au point d'attirer sur nous votre réprobation de
n'être pas comme vous.
Pourquoi notre
obésité vous remet-elle en question ? De quoi sommes-nous le
miroir ?
Sur quels critères vous permettez-vous de nous juger ?
L'apparence physique, la place prise dans le paysage, les
soupçons de pollution, l'agrandissement du trou de la sécu... ?
Avez-vous à ce
point incorporer l'idéal de minceur de la société hygiéniste
actuelle au point de ne plus supporter la vision d'êtres aux
corps différents ?
Nous méritons donc
votre mépris pour ne pas avoir su nous plier aux diktats
diététiques, et nous devons en payer le prix.
Mais dans la
plupart des cas, l'obésité est un état "d'être au monde" avec
les moyens donnés par la nature aussi injustes soient-ils, par
héritage de terrains prompts à prendre du poids et souvent
depuis l'enfance.
Et vous ne voyez
que cet état, niant son histoire d'être humain, au-delà de son
obésité.
Pensez-vous que nous n'ayons pas essayé de corriger ce surpoids
devenant problématique au fil du temps, nous tournant dans le
meilleur des cas devant la Médecine, et dans le pire, confiant
notre santé à des charlatans ? Pour quels résultats ? Une
alternance de pertes et rebonds de poids conduisant tout droit à
une obésité rebelle et désespérante.
Et c'est parfois
le désespoir qui conduit à envisager les solutions chirurgicales
de dernière chance, quand tout a été tenté et que la santé
menace de s'effondrer, que l'on ne supporte plus les propos
blessants, les regards en coin, la honte qui vous envahit devant
votre doigt accusateur d'être gros.
Nous sommes
fatigués de toujours expliquer que l'obésité a des causes
multifactorielles, que nous sommes parfois dépassés par le refus
de notre corps d'obéir à des injonctions médicales pour maigrir.
Pourquoi
voulez-vous que l'obésité soit une maladie de la volonté ? La
volonté de quoi ?
De nous plier à des règles qui ont fait la preuve de leur
inadéquation à tenter de nous faire perdre du poids.
Il est temps pour
vous d'écouter des personnalités scientifiques qui remettent en
cause le bien-fondé des régimes... et de nous écouter dans notre
différence.
D'ailleurs nous nous
en passerions volontiers de notre différence, mais dans votre
procès sans appel, nous nous devons de revendiquer notre statut
de personne obèse pour exister, vous nous y obligez... alors que
nous voudrions n'être à vos yeux que des personnes humaines au
même titre que vous, avec le même droit au respect que vous.
Nous avons tant de choses à partager au-delà des apparences.
Geneviève pour Allegro Fortissimo |
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