Communiqué de Presse
Le 04
février 2006
Association créée en 1989, Allegro Fortissimo, parmi ses
nombreuses activités, lutte contre les discriminations dont sont victimes
les personnes souffrant d’obésité dans la société (problèmes d’accès aux
soins, à l’emploi, au crédit, aux transports...).
Nous venons vous signaler un fait grave
que nous aimerions voir figurer dans vos pages afin que l’opinion publique
soit informée et que les pouvoirs publics se sentent interpellés. Voici ce
dont il s’agit :
Notre Association a été saisie d’un dossier très urgent concernant une dame
retraitée, dont le poids semble être un
obstacle invincible à son intégration dans une maison de retraite
médicalisée.
Voici la situation : Madame A., 61 ans, 170 kg, a un état de santé fragile
(pose d’un pacemaker en décembre, difficultés respiratoires, troubles du
comportement alimentaire, présence d’esprit irrégulière).
Cette dame ne peut plus rester dans l’appartement qu’elle avait dans sa
résidence de retraite standard en raison de la dégradation de sa santé qui
entraîne qu’elle ne peut plus rester
seule et qu’elle nécessite une présence et des soins réguliers.
Elle est actuellement dans une clinique où elle a terminé de se remettre à
la suite de la pose de son pacemaker, mais
la clinique ne peut plus la garder
(le travailleur social qui la suit depuis trois ans avec le plus grand
dévouement essaie de négocier son maintien) car elle est “hors délais
sécurité sociale”. Madame A. risque donc
à brève échéance de se retrouver à la rue si la clinique décide
qu’elle doit sortir, car elle n’a nulle part où aller.
En effet, les maisons de retraites médicalisées trouvent sa
problématique de santé “trop lourde”,
et en hospitalisation long séjour on n’en veut pas, car elle est trop jeune
(c’est réservé aux personnes âgées en fin de vie). Lorsque la direction
d’une maison de retraite médicalisée est d’accord pour la recevoir même en
ayant connaissance de sa situation spécifique, c’est
le personnel qui fait obstacle,
et les refus de prise en charge tombent les uns après les autres.
Nous sommes conscients du fait qu’accueillir dans une maison de retraite
médicalisée une personne de poids élevé nécessite du
matériel adapté (lits, sièges,
lève-personne), mais surtout du personnel
en nombre suffisant ou ayant une force physique suffisante
(hommes) pour aider la personne dans les soins quotidiens, médicaux ou
d’hygiène, et que le budget ordinaire des
maisons de retraite médicalisées ne permet pas cet accueil.
C’est pourquoi nous poussons ce cri
d’alarme : d’abord pour la situation urgente de Madame A., mais
également pour toutes les personnes souffrant d’obésité qui rencontrent des
difficultés considérables d’accès aux soins ordinaires ou propres à leur
situation, ainsi qu’à une retraite médicalisée si nécessaire. Le discours
gouvernemental alarmiste tend à faire penser qu’une personne obèse est
forcément appelée à mourir jeune, avant l’âge de la retraite. Or il n’en est
rien, beaucoup ont une espérance de vie standard, et comme il y a de plus en
plus de personnes obèses dans notre société, le besoin de places en maison
de retraite, médicalisée ou non, va se faire de plus en plus pressant. Or
nous ne voyons pas que le gouvernement, qui parle de prévention en matière
d’obésité, ait prévu quoi que ce soit pour la retraite des personnes obèses.
Merci de votre aide.
Cordialement.
Viviane Gacquière
Présidente d’Allegro Fortissimo
Contact pour ce dossier :
Béatrix :
bealam@wanadoo.fr